Point Actualité du 29 juillet 2018

Le Point Actualité de l’Association de la Sorbonne pour les Mondes Asiatiques, c’est un résumé bimensuel de l’actualité asiatique tenu par des étudiants de l’Université Paris I Panthéon Sorbonne.
Le Point Actualité se transforme pendant la période estivale ! Jusqu’à septembre, nous vous proposons une formule mensuelle composée de :
– Notre habituelle「QUESTION RÉGIONALE」: l’analyse d’un enjeu portant sur l’ensemble de la région d’Asie du Sud et de l’Est par un de nos membres ;
– Notre résumé de l’actualité : des informations choisies et expliquées par nos membres ;
– Une sélection d’articles : pour parfaire le tour d’horizon de l’actualité du mois passé.

Prêts ? Voici donc ce qu’il s’est passé entre le 20 juin et le 27 juillet !



🌏 QUESTION RÉGIONALE 🌏: APRÈS L’EXÉCUTION DES ANCIENS MEMBRES DE LA SECTE AUM SHINRIKYO, POINT SUR L’USAGE DE LA PEINE DE MORT EN AISE

Le 26 juillet 2018, les six derniers membres de la secte nippone Aum Shinrikyo (Aum « vérité suprême ») ont été exécutés par les autorités japonaises. Cette exécution survient une vingtaine de jours après celle de sept autres anciens membres, dont celle du gourou. Ils avaient tous été reconnus coupables de nombreux crimes, dont en 1995 l’attaque au gaz sarin dans le métro japonais. Cette attaque, qui avait pris la vie de treize personnes et intoxiqué plus de 6 300 autres (condamnant une bonne partie d’entre elles à des handicaps à vie) avait également représenté un grand choc pour la population japonaise. La totalité des condamnés avait vu leur sentence confirmée il y a quelques années, mais le calendrier des exécutions n’a pas aisément été mis en place, retarda sans cesse la signature par le ministère de la justice des ordres d’exécution.

Pour en savoir plus sur la secte Aum Shinrikyo et sur l’importance de cet événement dans l’histoire du Japon, nous vous invitons à écouter cette émission de RTL datée du 12 décembre 2015.

Pour en savoir plus sur la place occupée par cette secte et ses souvenirs dans le Japon d’aujourd’hui, un article du Monde analysant l’importance de cette exécution.

Le choix du mois de juillet, à la grande surprise de nombre de japonais tant est tenu secret le processus d’exécution dans ce pays, aurait été encouragé par la volonté de clore ce processus avant la fin de l’ère Heisei (1989-2019) afin que le désastre de l’affaire de l’attaque au gaz sarin ne s’étende pas à l’ère à venir. Il aurait aussi été question de ne pas interférer avec les élections prévues pour septembre. Un questionnement qui montre toute la complexité de la pratique de la peine capitale au Japon, et nous invite à nous interroger sur la place occupée par celle-ci dans ce pays, et de façon plus générale en Asie.

Au Japon, la peine de mort est une pratique protégée par la cour suprême ; elle a été élevée en principe constitutionnel en 1948, réservée aux « crimes les plus odieux » (plusieurs meurtres généralement). Depuis 1955, il est établi qu’elle est réalisée par pendaison. En 1983, la cour suprême a réalisé une liste de critères aidant les tribunaux dans leur jugement, une liste définissant le degré de gravité des crimes, qui prend en compte à la fois les intentions et les conséquences de ceux-ci.

Le processus suit un protocole précis : après décision du tribunal, c’est au ministre de signer (ou non) l’ordre d’exécution. Selon le principe, cette signature doit être réalisée dans les six mois suivant la décision du tribunal. Dans la pratique, comme le montrent les 23 années d’écart entre les premiers jugements d’anciens membres d’Aum Shinrikyo en 1999 et leur exécution ce mois de juillet, ce délai peut être dépassé. C’est en réalité un pouvoir important du ministre de la justice que l’on retrouve ici. Ainsi, l’usage de la peine capitale peut grandement dépendre d’un ministère à l’autre. Entre 1989 et 1993, par exemple, aucune décision du tribunal n’a été suivie d’ordre d’exécution. Un débat sur cette pratique s’est élevé au sein de la population japonaise en 1993 quand le nouveau ministre de la justice l’a remise au goût du jour. L’attaque du métro en 1995 y a cependant coupé court, dans la mesure où l’opinion a fortement été retournée avec le choc qu’elle a apporté. En 2010, un sondage du gouvernement élevait à plus de 85% le nombre de japonais favorables à la sentence capitale. Un second sondage organisé cette fois par deux journaux a voulu nuancer ce chiffre, qui était tout de même commandé par le gouvernement ; il n’a pu cependant démontrer de grande différence, élevant lui-même le pourcentage de japonais favorables à plus de 75. Face aux conseils des personnalités et instances internationales, le Japon ne semble pas vouloir céder. D’ailleurs, si Shinzo Abe craignait que les exécutions du mois de juillet lui donnent une mauvaise image pour son élection, peu de soulèvements se sont en réalité fait entendre.

Le Japon n’est pas le seul pays à encore faire usage de la peine capitale. Au contraire, sur les 24 pays de la zone couverte par les écrits de l’Association pour les Mondes Asiatiques[1], seulement neuf l’ont abolie, dont seulement sept en droit. Sur la carte suivante, nous avons représenté en sombre les pays pratiquant la peine de mort. Dans le tableau qui suit, nous avons répertorié des informations relatives aux pratiques de chaque pays.

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PAYS DERNIÈRE EXÉCUTION ABOLITION ?
Bangladesh 2017 [2]
Bhoutan 1974 Oui, en 2004
Birmanie 2017
Bruneï 1957 En pratique
Cambodge 1989 Oui, en 1989
Chine 2018
Corée du Sud 1998 En pratique
Corée du Nord 2017
Hong Kong 1966 Oui, en 1993
Inde 2017
Indonésie 2016
Japon 2018
Laos 2017
Macao Pas d’information Oui, en 1974
Malaisie 2017
Mongolie 2007 Oui, en 2017
Népal 1979 Oui, en 1997
Pakistan 2017
Philippines 2000 Oui, en 2006
Singapour 2017
Sri Lanka 2017
Taïwan 2016
Thaïlande 2009
Vietnam 2016

Plus encore, si l’on en croit les études réalisées chaque année par Amnesty international, deux pays de notre zone font partie des cinq premiers au monde à en faire usage : le Pakistan est cinquième ; la Chine est première. Il faut noter que cette dernière représente à elle-seule plus de la moitié des exécutions réalisées chaque année. Le nombre exact d’exécutions réalisées chaque année en Chine ne peut être connu tant ces procédures sont classées secret d’État ; on sait cependant qu’il se compte en milliers. L’Asie reste donc tristement chaque année le continent réalisant le plus d’exécutions au monde. De plus, la plupart des prononciations de peine de mort ne répondant pas au critère de « crimes les plus graves » fixé par le droit international, elles sont bien souvent considérées comme illégales. Le nombre de sentences capitales déclarées contre des opposants politiques est cependant en diminution, de telles peines provoquant de grands soulèvements à l’international comme dans l’opinion publique. En Chine, depuis 1989, presque aucune peine de mort n’a été prononcée contre un opposant politique (en 2008, un professeur accusé d’espionnage pour le compte de Taïwan avait été exécuté).

Toujours selon le dernier rapport d’Amnesty international, la pratique de la peine capitale avait connu une baisse en Asie ces dernières années. Une telle tendance est difficile à expliquer, écrivent-ils, on peut penser à la pression internationale comme à une évolution du débat public. Elle a cependant connu une recrudescence l’année dernière avec de nombreuses sentences de mort prononcées dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ou contre le trafic de drogue. Chaque situation reste cependant à considérer de façon plus précise. Au Pakistan par exemple, on a connu une baisse continue ces dernières années. A Singapour, si le nombre a doublé entre 2016 et 2017, passant de 4 à 8, on note cependant une diminution sur le long terme : au milieu des années 1990, on exécutait chaque année autour de 70 personnes.

En 2005, en visite au Japon, le Dalaï-Lama avait lancé un appel en faveur de l’abolition. Selon lui, conformément à l’éthique bouddhique, « Les criminels devraient être traités avec compassion et non pas avec colère ». Des considérations éthiques qui ne sont pas partagées dans tout le continent : en 2017, en Chine, si l’on en croit cet article du Guardian, dix condamnations à mort ont été prononcées devant un public de milliers de personnes, dans un stade.

[1] Bangladesh, Bhoutan, Birmanie, Bruneï, Cambodge, Chine, Corée du Sud, Corée du Nord, Hong Kong, Inde, Indonésie, Japon, Laos, Macao, Malaisie, Mongolie, Népal, Pakistan, Philippines, Singapour, Sri Lanka, Taïwan, Thaïlande, Vietnam.

[2] Il est possible que des exécutions aient eu lieu en 2018 ; de telles informations étant compliquées à vérifier, nous préférons nous fier au dernier rapport annuel d’Amnesty international, dont les données s’arrêtent en 2017.


🇨🇳 CHINE 🇨🇳 : VOYAGE D’ÉDOUARD PHILIPPE ET « LIBÉRATION » DE LIU XIA

Édouard Philippe en Chine : coopération et nouveaux accords.

Dans la droite file de la visite d’Emmanuel Macron en janvier 2018, que nous avions commenté dans un PA précédent, le premier ministre Édouard Philippe s’est rendu en Chine lors d’une visite de 4 jours entre le 21 et le 25 juin. Le premier ministre a lui-même souligné que cette visite avait pour but de « poursuivre la conversation, la discussion, le travail engagés il y a cinq mois par le président de la République à l’occasion de sa visite, dont il s’est beaucoup réjoui ». L’objectif de Matignon était clair : « concrétiser des engagements pris dans les secteurs agro-alimentaires, aéronautiques et énergétiques ».

Le premier ministre a commencé son voyage en Chine par une visite des entrepreneurs français à Shenzhen. Le lendemain, à son arrivée à Shanghai, il a pu développer son point de vue par rapport au projet chinois de Nouvelle Route de la Soie en soulignant que si celui-ci ne pouvait être que bénéfique pour le commerce maritime mondial, la France souhaitait « qu’il puisse être transparent, que l’ensemble des entreprises françaises qui sont intéressées, puissent y participer. Nous souhaitons aussi qu’il s’inscrive dans la logique (…) de l’Accord de Paris, c’est à dire un commerce mondial plus respectueux des enjeux de protection du climat ». Ce passage à Shanghai a également permis la signature d’un accord de coopération entre le port chinois et le port français de Marseille portant sur des échanges d’expériences et de bonnes pratiques notamment en matière de transition énergétique, d’impact de l’économie maritime sur l’environnement ou encore de promotion de l’économie circulaire.

À l’université Tsinghua, le premier ministre a également défendu l’importance d’une relation plus équilibrée entre les deux pays en insistant sur l’importance des règles dans le bon fonctionnement économique mondial et soulignant l’importance d’une collaboration saine dans un monde se tournant un peu plus vers le repli identitaire et le protectionnisme. Il a ainsi appelé de ses vœux à un « multilatéralisme fort, sans angélisme, sans naïveté, mais ferme et juste ».

Le clou de cette visite était la rencontre avec Xi Jinping le 25 juin à Pékin. Grande avancée de ce voyage diplomatique : la fin de l’embargo chinois sur le bœuf français. La viande bovine française était interdite en Chine depuis 2001 suite à la crise de la vache folle. L’autre point majeur de cette visite, la vente des 184 Airbus annoncée par Emmanuel Macron en janvier, n’a cependant pas avancé. Le projet est toujours en négociation entre les deux parties bien que le premier ministre chinois Li Keqiang ait affirmé que la Chine était prête à « poursuivre (ses) discussions sur des achats en quantité d’avions Airbus, en vue de la signature d’un accord en temps voulu ».

Arrivée de Liu Xia à Berlin après le voyage du premier ministre chinois Li Keqiang.

Liu Xia, la veuve du prix Nobel de la paix Liu Xiaobo, est arrivée en Allemagne le 10 juillet. Cette autorisation de quitter le territoire intervient après plus de huit ans de résidence surveillée sans condamnation ni inculpation. Pékin a confirmé son départ, précisant que Liu Xia se rendait en Allemagne pour y suivre « un traitement médical », sa santé mentale s’étant dégradée à la suite de son arrestation en compagnie de son mari. Son frère cadet, Liu Hui, condamné en 2013 à onze ans de prison pour fraude dans une histoire de contentieux immobilier, est cependant lui toujours retenu à Pékin.

Cette libération intervient seulement à quelques jours du premier anniversaire de la mort de ce dernier. Liu Xiaobo, arrêté pour avoir signé la Charte 08, est mort le 13 juillet 2017 à l’âge de 61 ans.

Liu Xia n’était pas seulement une « femme de ». Poétesse et photographe, voici un aperçu de son travail dans un diaporama de Libération revenant sur de ses clichés exposés en janvier à Boulogne-Billancourt : http://www.liberation.fr/photographie/2018/01/19/liu-xia-les-cliches-interdits_1623354

Quelle implication de l’Allemagne dans cette libération ? Une réponse du South China Morning Post ici : https://www.scmp.com/news/china/policies-politics/article/2156280/quiet-diplomats-how-germany-kept-pressure-china-free

 


🇰🇷 CORÉE DU SUD 🇰🇷 : LA PEINE DE PRISON DE L’EX PRÉSIDENTE PARK GEUN-HYE RALLONGÉE DE 8 ANS

Fin décembre 2016, l’exécutif coréen est ébranlé par un scandale de corruption sans précédent dans l’histoire du pays. Dans la foulée, une procédure de destitution parlementaire est enclenchée à l’encontre de la Présidente Park Geun-hye. Cette dernière aurait usé de son pouvoir pour soutirer l’équivalent de 28 millions d’euros de pots-de-vin à des conglomérats industriels coréens dont Samsung et Lotte, en échange de faveurs politiques. De plus, la fille de l’ancien dictateur Park Chung-hee aurait fait pression sur divers industriels afin d’obtenir des financements bénéficiant à plusieurs organisations à but non lucratif dirigées par la famille de son associée, Choi Soon-sil. Enfin, elle est accusée d’avoir divulgué des informations classées confidentielles à cette même associée. Acculée de 16 chefs d’inculpation, Park est donc arrêtée en mars 2017 puis condamnée en avril 2018 pour trafic d’influence, corruption et abus de pouvoir. Celle qui s’était distinguée comme la première femme à accéder à la présidence écope de 24 ans de réclusion et d’une amende de 13,6 millions d’euros.

Le 20 juillet dernier, les juges ajoutent de nouveaux chefs d’inculpation à l’encontre de l’ancienne présidente déchue. Viennent en effet s’ajouter à son tableau de chasse des détournements de fonds publics et la violation de la loi électorale. D’une part, ces fonds publics auraient été utilisés dans le but d’entretenir le domicile personnel de Park et de rémunérer son entourage, d’autre part, l’ex-dirigeante est accusée d’avoir interféré dans les élections législatives de 2016, dans l’optique de favoriser l’élection de membres du parti conservateur, dont elle était le porte drapeau.

Les juges reviennent alors sur leur décision, considérée comme trop clémente au vu de ces nouveaux faits. L’ex-présidente sud-coréenne voit donc sa peine rallongée de 8 ans, passant de 24 à 32 ans de réclusion criminelle.

Pour plus d’informations:

 


🇮🇳 INDE 🇮🇳 : L’INDE DÉPASSE LA FRANCE ET DEVIENT SIXIÈME ÉCONOMIE AU MONDE

Les chiffres ont été annoncés le 11 juillet par la Banque mondiale : avec un produit intérieur brut (PIB) atteignant les 2 597 milliards de dollars en 2017, l’Inde a dépassé la France dans le classement des premières économies du monde. Cette dernière qui était jusqu’alors sixième s’est retrouvée reléguée au septième rang avec la même année une production intérieure atteignant seulement les 2 582 milliards de dollars.

La Banque Mondiale, qui a souligné la rapidité avec laquelle l’Inde avait rattrapé la tête du classement (il y a dix ans, son PIB atteignait à peine la moitié de celui de la France) a également montré que l’on pouvait s’attendre à une croissance toujours importante au cours des années à venir.

Si l’on peut s’attendre à une croissance de la demande intérieure indienne, explique l’institution mondiale, cela ne présage pas pour autant une élévation du niveau de vie de la population indienne. Avec une population dépassant les 1,3 milliards d’habitants, l’Inde ne se place en effet qu’au 126e rang en termes de PIB par habitant, derrière des pays comme le Laos, les Philippines ou le Bhoutan.

Pour en savoir plus, une analyse enrichie d’infographies est disponible sur le Times of India, suivre ce lien ➡️➡️➡️ https://timesofindia.indiatimes.com/business/india-business/india-becomes-worlds-sixth-largest-economy-muscles-past-france/articleshow/64941102.cms

 


🇮🇩 INDONÉSIE 🇮🇩 : MASSACRE DE 292 CROCODILES PAR UNE FOULE EN COLÈRE

Après qu’un indonésien soit décédé en entrant par erreur dans l’enclos de crocodiles, plusieurs habitants ont voulu venger sa mort. Ces derniers ont procédé au massacre systématique de près de 300 crocodiles. La victime était un homme âgé de 48 ans et originaire de la ville de Sorong, située en Papouasie indonésienne. Il aurait accidentellement pénétré dans une ferme qui élevait des reptiles. Après avoir été mordu à la jambe par l’un des crocodiles puis violemment frappé par la queue d’un autre, il aurait succombé à ses blessures. Peu après l’enterrement du défunt, une foule en colère a décidé de faire justice elle-même et de massacrer les crocodiles de la ferme où se serait produit le drame. Armés de machettes, de pelles et de couteaux, la totalité des reptiles qui se trouvait dans la ferme aurait été massacrée. La ferme étant jugée trop proche de la zone résidentielle par les proches de la famille et la police locale, le propriétaire de la ferme s’était engagé à dédommager la famille du défunt. L’arrangement n’aura pas suffi et même si les membres de l’agence de protection des animaux et les policiers se sont mobilisés pour empêcher le massacre, la foule était bien trop importante pour être facilement canalisée. Les crocodiles figurent pourtant parmi les espèces protégées en Indonésie.

Pour plus d’informations :

 


🇯🇵 JAPON 🇯🇵 : LA VAGUE DE CHALEUR CLASSIFIÉE CATASTROPHE NATURELLE

La vague de chaleur qui s’est abattue sur le Japon à la mi-juillet continue de sévir. La semaine dernière (du 16 au 23 juillet), elle a pris la vie de 65 personnes et mené plus de 22 500 autres à l’hôpital. Depuis début juillet, ce ne sont pas moins de 80 personnes qui ont perdu la vie.

L’agence de gestion des désastres et incendies, responsable depuis 2008 de l’enregistrement du nombre de victimes de la chaleur a déclaré que ces chiffres étaient sans précédents. Alors que de nombreuses villes enregistrent des records de chaleur et que le record national explose, elle a qualifié la situation de catastrophe naturelle.

Après le décès d’un jeune enfant de 6 ans, des mesures de sécurité pourraient être mises en place en urgence dans les écoles. Parmi elles, l’extension des vacances scolaires, qui ont commencé cette semaine. En attendant, des campagnes de prévention des risques sont mises en place, rappelant aux Japonais d’éviter la chaleur, de bien s’hydrater et de donner une attention toute particulière aux personnes âgées et aux enfants. A la télévision, en plus des recommandations, des campagnes de prévention expliquent les effets de la chaleur et les risques qu’elle apporte.

Cette vague de chaleur intervient directement après les inondations qui avaient causé de nombreuses destructions mais également beaucoup de victimes. Au total, ce sont plus de 220 personnes qui ont perdu la vie en raison des inondations et glissements de terrain.

Selon l’agence de gestion des désastres et incendies, les températures devraient rester très élevées jusqu’à la mi-août. Yuriko Koike, gouverneure de Tokyo a déclaré en début de semaine qu’une attention aussi importante que celle donnée à la lutte contre le terrorisme allait être consacrée à cette vague de chaleur.

 


🇱🇦 LAOS 🇱🇦 : L’EFFONDREMENT D’UN BARRAGE, MIROIR DES FRAGILITÉS D’UNE ÉCONOMIE EN PLEINE MUTATION

Surnommée la «batterie d’Asie du Sud Est» en raison du développement accéléré de son secteur hydroélectrique, le Laos a vu ses ambitions menacées par l’effondrement d’un barrage, le lundi 23 juillet. L’accident, semble-t-il, a été causé par des pluies continues qui ont fait s’accumuler d’importantes quantités d’eau dans le réservoir, selon un responsable de l’entreprise chargée du projet. Ce désastre humanitaire, dont le bilan humain et matériel ne cesse de s’alourdir, amène ainsi à une remise en question de l’orientation économique actuelle du pays.

Situé sur un affluent du Mékong, au sud-est du Laos, le barrage Xe Pian Xe-Namnoy, 770 mètres de long, est en cours de construction depuis 2013, et fait partie d’un projet plus vaste de construction de 5 barrages sur les rivières Xe-Pian et Xe-Namnoy. D’une puissance de 410 mégawatts, il devait commencer à fournir de l’énergie à partir de 2019. L’effondrement de ce barrage pour le moins monumental, a provoqué la libération de 5 milliards de mètres cubes d’eau qui se sont déversés sur les villages environnants : pour l’heure, 6 villages ont été submergés par les flots. L’agence de presse officielle du régime a de même annoncé plusieurs morts et des centaines de disparus, ce qui n’inclut pas les 6 600 sans abris, en cours d’évacuation. Des images diffusées par l’agence officielle montrent des enfants s’entassant dans des barques, s’éloignant d’habitations englouties par la catastrophe. Débordée par l’ampleur du drame, l’administration locale a été épaulée par la Thaïlande voisine, qui a dépêché des secouristes en renfort.

Plus petite économie d’Asie du Sud Est dont le secteur agricole représente 52% du PIB, et sans façade maritime, le Laos a fait de l’exploitation de son riche milieu naturel le fondement de son orientation économique. Ainsi, le pays, traversé par un important réseau de rizières, est doté d’un potentiel hydro-énergétique de 18 000 Mégawatts exploitables. Tirant partie de la conjoncture actuelle, marquée par l’accroissement des besoins énergétiques de la région (7% par an), le gouvernement a lancé un important programme d’investissements dans le secteur hydro-électrique, appuyé par des investissements étrangers, majoritairement chinois, pour compenser les faibles ressources internes. Le retour sur investissement se fait avec la vente de l’électricité produite au pays qui la finance : ainsi, 95% de l’électricité produite par le barrage de Nam Theum sont rachetés par l’un de ses financeurs, la Thaïlande. Ce modèle de développement possède de nombreux avantages : Source de devises considérables, l’exportation de son énergie aux pays voisins a permis au Laos de s’intégrer dans l’économie régionale, tout en approvisionnant en électricité un marché intérieur pour le moins réduit. Ainsi, des dizaines de barrages sont actuellement en construction le long du Mékong.

Au fil des années, l’opposition des organisations environnementales face à ce qu’elles considèrent comme un élément déstabilisateur et potentiellement destructeur s’est faite de plus en plus forte. Elles ont notamment exprimé leurs inquiétudes quant à l’impact que pourraient avoir de tels barrages sur le fleuve, sa faune, sa flore, mais aussi les populations locales. Une dernière problématique se pose, particulièrement d’actualité : les barrages hydro-électriques sont-ils adaptés à un climat marqué par des phénomènes météorologiques extrêmes tels que de très fortes pluies ?

La catastrophe que vit actuellement le pays invite à s’interroger sur la compatibilité entre un développement économique accéléré, orienté vers l’exportation, gourmand en investissements, et la protection de l’environnement et des populations locales.

 


🇳🇵 NÉPAL 🇳🇵 : ÉTABLISSEMENT DE RELATIONS DIPLOMATIQUES AVEC LE RWANDA

Le 20 juillet dernier, les représentants permanents des deux pays aux Nations Unies ont tenu une courte cérémonie pendant laquelle ils ont ensemble signé un communiqué à l’attention du Secrétaire Général des Nations Unies Antonio Guterres, annonçant l’établissement de relations formelles entre leurs deux pays. Le Rwanda est devenu de ce fait le 161e État à entretenir des relations bilatérales avec le Népal.

Jusque-là, les deux pays n’avaient eu de relations qu’au sein de l’organisme. Tous deux membres du Groupe des 77 et du mouvement des non-alignés, ils ont cependant plusieurs fois coopéré par le passé. Ils sont par exemple tous les deux de très grands contributeurs en termes de casques bleus. Leurs nombreuses collaborations au sein de forums multilatéraux ont été soulignées par les représentants présents à la cérémonie. L’accord prévoit l’intensification et l’expansion de la coopération dans leurs relations futures.

Ces deux États ont beaucoup à apprendre l’un de l’autre. Tous deux ont fait face ces dernières décennies à de grands conflits internes. Dans le cas du Népal, la pacification est encore en cours, dans la mesure où ce n’est qu’en 2015 que les dirigeants se sont accordés sur une Constitution; et seulement lors des derniers mois que les premières assemblées et le premier gouvernement ont été formés. Dans le Himalayan Times, un article souligne d’ailleurs l’admiration conférée au Rwanda pour son processus de paix et ses avancées économiques depuis 1994. Pour plus d’informations, nous avons suivi toute l’année les différentes avancées de cette transition politique dans nos différents Points Actualité :

→ Retour sur les élections de décembre avec notre Point Actualité du 21 décembre : https://mondesasiatiques.wordpress.com/2017/12/21/point-actualite-du-21-decembre/

→ Le nom du Premier ministre confirmé en fin février avec notre Point Actualité du 5 mars : https://mondesasiatiques.wordpress.com/2018/03/05/point-dactualite-du-5-mars/

Cet accord pourrait avoir des résonances plus profondes. Il intervient à un moment des plus stratégiques : deux jours avant le début du tour d’Afrique de Xi Jinping, dirigeant de la Chine, et quatre jours avant celui de Narendra Modi, dirigeant de l’Inde. Il faut rappeler que le Népal a longtemps été sous influence indienne mais semble depuis 2015 vouloir jouer des intérêts chinois pour s’en défaire. Savoir qui de l’Inde ou du Népal a cherché à devancer l’autre par cet accord avec le Rwanda ne semble pas une mince affaire.

Pour plus d’informations sur la présence indienne au Rwanda ce 24 juillet même, consulter cet article du Tribune : https://www.tribuneindia.com/news/nation/gau-diplomacy-pm-modi-gifts-200-cows-to-villagers-in-rwanda/625830.html

 


🇵🇭 PHILIPPINES 🇵🇭 : QUID DE LA LÉGALISATION DU MARIAGE HOMOSEXUEL?

Une initiative mise en difficulté au vu des vices de formes dans la procédure législative

Avocat de formation, Jesus Falcis milite pour la légalisation du mariage homosexuel dans son pays, les Philippines. Ayant porté sa requête aux bons soins des magistrats de la Cour suprême, il s’explique: « Nous pourrions aussi bien gagner que perdre, estime l’avocat. En tout cas une défaite pourrait faire reculer nos droits. Et j’en suis bien conscient. Mais si nous ne commençons à essayer dès aujourd’hui, jamais nous n’accélérerons les discussions pour obtenir le mariage pour tous ». Cependant, plusieurs hauts magistrats tels que Francis Jardeleza ont souligné la maladresse avec laquelle le requérant a mené son action. D’une part, le dossier porté en audition aurait d’abord dû être validé par le Congrès ou par la Commission Consultative Parlementaire. D’autre part, la requête « ne respecte pas la hiérarchie des cours » selon Jardeleza; et son collègue Lucas Bersamin de rajouter « le problème de la légalisation du mariage homosexuel aux Philippines aurait dû être soumis aux cours inférieures. Celles-ci traitent des questions factuelles, contrairement à la Cour suprême. La revendication autour du “mariage pour tous” est fondée sur des faits ».

Les critiques des magistrats remettent donc en question la légitimité même du plaignant. Ces derniers soulignent que le porteur d’une audition doit être, dans le cadre de sa vie privée, dans une situation similaire à la question légale qu’il soumet à la Cour suprême. Or, même s’il se présente comme le plaignant dans un dossier concernant les couples de même sexe ne pouvant pas se marier, Jesus Falcis est … célibataire ! Selon la Cour, il y a contradiction puisque rien ne l’empêche de s’unir à une femme plutôt qu’à un homme.

Pour finir, les juges de la Cour Suprême indiquent que les institutions en elles-mêmes ne sont pas préparées: « la légalisation du mariage homosexuel n’a été obtenue dans les autres nations qu’au bout d’un long processus : débats rigoureux au parlement; consultation des instances religieuses », a fait savoir la juge Marvic Leonen. Des propos qui sont partagés par sa consoeur Teresita Leonardo de Castro, expliquant que cette mesure de légalisation compliquerait l’interprétation des lois philippines actuelles, puisque celles-ci mentionnent les genres respectifs des mariés. Ainsi, les juges soutiennent que légaliser le mariage entre personnes de même sexe impliquerait un travail législatif considérable, nécessitant la modification de quasi tous les textes de loi, pour qu’apparaisse non plus seulement « Madame et Monsieur », mais aussi « Madame et Madame » ou « Monsieur et Monsieur » dans lesdits textes de loi.

Position du Président Duterte.

Le Président philippin tient une place de premier ordre dans ce débat, puisqu’il s’était prononcé en faveur de la légalisation du mariage homosexuel en décembre dernier.

Il faut dire que son implication était apparue comme une lueur d’espoir pour beaucoup de militants de la cause LGBTQI+ aux Philippines, conscients de l’influence de Duterte sur ses partisans, majoritaires au Congrès.

Un affrontement sous-jacent entre Duterte et l’Église ?

Certains observateurs pointent du doigt une manœuvre politique du président philippin, visant une nouvelle fois à tacler l’Église. Élu depuis 2016, il ne s’est pas retenu pour dénoncer son hypocrisie et les abus sexuels dont elle est responsable. Or, dans un pays où 80% de la population est catholique, les positions du président lui sont souvent défavorables, comme en témoigne sa côte de popularité actuelle. Rappelons que dans cet archipel où le divorce et l’avortement sont toujours illégaux, l’influence de l’Église est prépondérante car elle s’impose comme un acteur majeur dans le débat public. L’Église philippine n’est pas en reste car elle est en retour le principal opposant de Duterte. Il est vrai qu’en matière de respect des droits de l’Homme, sa politique de lutte contre la drogue, ayant engendré des milliers de morts, vient considérablement ternir son bilan.

Quelle issue ?

Pour des mouvements militants tels que la Metropolitan Community Church, peu importe que la société civile soit prête ou pas, le simple fait que cette question ait été portée dans le débat public et soit médiatisée représente une avancée considérable. Comme Jesus Falcis le précisait: « parce que le président lui-même s’est exprimé pour le mariage homosexuel, notre pays semble être prêt à s’attaquer à la question ». Ce mouvement « œcuménique pro-LGBT » assure que si le mariage pour tous n’est pas acquis cette fois, il fera sans aucun doute son chemin vers une prise en compte totale de ce droit pour les couples de même sexe philippins.

Pour en savoir plus:

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20180629-philippines-cour-supreme-etudie-legalisation-mariage-homosexuel

http://www.europe1.fr/international/philippines-duterte-veut-legaliser-le-mariage-homosexuel-3523901

https://www.minutenews.fr/actualite/societe/philippines-la-legalisation-du-mariage-homosexuel-deja-en-echec-374480.html

 


🇵🇭 PHILIPPINES 🇵🇭 : UN CANADIEN ASSASSINÉ PAR UN TUEUR A GAGES PHILIPPIN

Alors qu’il résidait aux Philippines depuis presque dix ans, Barry Gammon de nationalité canadienne a été assassiné à la fin du mois de juin par un tueur à gages. Les autorités locales affirment que les raisons du meurtre seraient probablement liées à un conflit de copropriété. La victime aurait eu un contentieux avec des Philippins à propos d’un droit de passage. De vives tensions se faisaient déjà sentir dans le quartier de la famille Gammon qui préparait déjà activement son déménagement. L’épouse de la victime se serait blessée en essayant de repousser l’agresseur. Le suspect aurait déjà été identifié et serait déjà connu des services de police. Un mandat d’arrêt devrait être prochainement lancé pour l’interpeller.


🇵🇭 PHILIPPINES 🇵🇭 : LA POPULARITÉ DU PRÉSIDENT DUTERTE EST EN BAISSE

Les propos insultants tenus par Rodrigo Duterte sur Dieu, la figure sacrée de la religion catholique, associés au manque de réactivité du gouvernement face aux problèmes économiques et sociaux qui frappent le pays sont autant de raisons qui expliquent aujourd’hui la chute de popularité du président des Philippines. Le quotidien de Hong Kong South China Morning Post explique « Le président philippin Rodrigo Duterte aurait dû savoir qu’il jouait avec le feu en traitant Dieu de ‘fils de p… stupide’ dans un pays dont la population est à 80 % catholique ». Le ton provoquant et acide du Président Duterte ne sont plus un objet d’étonnement. Kim Jong-un, Ban Ki-moon et l’ex-Président Barack Obama sont des personnalités qui ont également eu droit à ce même qualificatif. Toutefois, après ce discours, il semblerait que le taux de satisfaction de la population locale, évalué par un sondage de l’institut Social Weather Station basé aux Philipines, ne soit plus que de 45 % alors qu’il touchait les 70 % l’année passée. Cette polémique n’est pas le seul problème qui explique cette chute de popularité. L’inflation n’a jamais été aussi élevée depuis cinq ans. On estime qu’elle aurait augmenté de 5,2 % en un an. Si l’on en croit certains experts, l’accumulation de ces nombreuses « maladresses » du gouvernement pourrait à terme affecter notablement le résultat des élections de mi-mandat en 2019.

Pour plus d’informations :

 


🇹🇼 TAÏWAN 🇹🇼 : FACE À L’ISOLATION INTERNATIONALE, LES PARTISANS DE L’INDÉPENDANCE SE FONT ENTENDRE

Le statu quo entre la Chine continentale et Taïwan, qui entérine l’appartenance des deux entités à une seule Chine tout en excluant la réunification ou la déclaration d’indépendance, vit ses heures les plus sombres depuis le consensus de 1992. En effet, la pression croissante qu’exerce la RPC sur son voisin , à la fois économique, militaire, politique mais aussi psychologique, semble avoir galvanisé l’esprit de résistance des Taïwanais, qui sont de plus en plus nombreux à réclamer l’indépendance du pays.

Investie par le parti nationaliste chinois (Kuomintang) après sa défaite face aux communistes, l’île était considérée comme une base arrière visant à préparer la reconquête de la Chine continentale : la fiction de la « République de Chine » a depuis lors été entretenue avec soin par les élites taïwanaises, d’abord dans un soucis de reconquête puis sous les pressions de la Chine continentale. Avec la démocratisation du pays et l’abandon de l’illusion du retour au pouvoir du Kuomintang à Pékin, l’idée d’une culture taïwanaise propre, avec ses peuples indigènes, ses langues locales, ses coutumes diverses de celles du continent a été promue par le régime afin de construire un Etat-nation taïwanais distinct de la Chine. Avec l’arrivée au pouvoir de Tsai Ing Wen en 2016, leader du parti démocrate progressiste (DPP), c’est cette vision diverse, cosmopolite de la nation taïwanaise qui semble-t-il, a gagné la bataille contre l’idée de l’appartenance de Taïwan à une seule Chine. En rupture diplomatique totale avec Pékin, la présidente n’a ainsi jamais rencontré Xi Jinping, et appelle régulièrement les citoyens à lutter contre l’impérialisme chinois : celui-ci aurait mis en péril le statut-quo par ses agressions récurrentes contre l’île. Par ailleurs, d’autres leaders politiques tels que Kuo Pei Hung, du parti « Formosa Alliance » évoquent de plus en plus ouvertement l’idée d’un référendum immédiat pour entériner l’indépendance de Taïwan. Selon celui-ci, la conjecture serait optimale : la confrontation Chine – États Unis, l’appui du Japon, la montée en puissance de la Chine qui rendrait un référendum ultérieur bien plus difficile, sont autant d’éléments qui poussent à organiser un référendum dans les plus brefs délais. Pour des raisons évidentes, la RPC a toujours été méfiante vis à vis de l’expression populaire sur la question.

Les tensions politiques marquant ce mois de juillet sont le résultat d’une tendance plus étalée sur le temps, qui voit la Chine continentale gagner en puissance et isoler Taïwan sur le plan international, allant même jusqu’à menacer sa souveraineté directement. Le « sharp power » considérable accumulé par la RPC ( capacité de projeter son pouvoir en dehors de ses frontières pour influencer les entreprises, gouvernements et autres acteurs internationaux ) a notamment dégradé de manière considérable la réputation de l’île auprès des multinationales, qui voient à présent comme un danger l’association avec un Etat qui pourrait leur faire perdre le marché chinois. Ainsi, l’imposition de sanctions à Zara, Medtronic, ou encore la chaîne d’hôtels Mariott International pour avoir mentionné Taïwan en tant que pays à part entière dans leurs sites web, ou encore l’injonction aux compagnies aériennes à présenter la destination taïwanaise au côté des autres régions chinoises sont autant d’exemples qui soulignent la volonté continentale d’imposer sa vision d’une seule Chine aux acteurs internationaux.

Sur le plan diplomatique, la fin de la reconnaissance de Taïwan par le Burkina Faso, soumis aux pressions économiques chinoises, amenuise encore davantage le support international dont jouit l’île, qui ne possède plus qu’un allié en Afrique, le Swaziland. Celui-ci est de même courtisé par la Chine continentale et sa «nouvelle route de la soie ». Enfin, l’extension militaire de la Chine dans la zone Pacifique, qui se matérialise par l’ouverture d’une base militaire à Nauru, de fréquentes incursions chinoises dans l’espace aérien taïwanais, des exercices militaires grandeur nature avec le déploiement du Liaoning, le premier porte-avions chinois, près des côtes de l’île, ont poussé la présidente à qualifier ces actions comme faisant partie d’une véritable « guerre psychologique » .

Bref, tous les voyants sont au rouge pour le gouvernement taïwanais, qui, inquiet pour la survie de l’État, pourrait bien être amené à se radicaliser encore davantage sur la question.

 


🇹🇭 THAÏLANDE 🇹🇭 : LE SAUVETAGE DES DOUZE ENFANTS PIÉGÉS DANS LA GROTTE DE THAN LUANG

Alors qu’ils étaient pris au piège dans une grotte inondée depuis dix-huit jours, douze jeunes footballeurs âgés de 11 à 16 ans et leur entraîneur ont pu être libérés suite à une opération de sauvetage de grande ampleur. L’histoire a été suivie dans le monde entier et les détails de l’affaire ont été relayés par des journaux et chaînes de télévision des quatre coins du monde. Libérées le mardi 10 juillet, les victimes s’étaient aventurées le 23 juin dans la grotte de Tham Luang, un lieu particulièrement prisé des spéléologues et situé dans l’extrême nord du pays. Toutefois, le groupe n’est pas suffisamment équipé et protégé pour explorer la grotte. La forte mousson qui s’abat sur le pays génère une montée des eaux qui surprend et bloque le groupe en profondeur, à quatre kilomètres de la sortie. Une équipe de secours se mobilise très rapidement pour leur venir en aide. Des nageurs britanniques et américains, des drones, la marine nationale sont sollicités pour sauver le groupe d’une mort certaine. Le 2 juillet, après neuf jours de recherches ininterrompues et intensives, le groupe est localisé, sain et sauf quoique profondément affaibli. Ils sont retrouvés recroquevillés sur un rebord de la grotte. La mission des secours ne s’arrête pas ici pour autant puisque le taux d’oxygène diminue et que le groupe manque de vivres. Il faut rapidement trouver une solution pour les sortir de la grotte sans faire de blessés. L’évacuation du groupe n’était pas une chose simple et plusieurs problèmes se posaient. Les pluies diluviennes menaçaient d’inonder la grotte, les capacités physiques du groupe étaient très limitées en raison de la faim et de la fatigue et aucun d’entre eux n’était bon nageur. Notons aussi qu’un plongeur aguerri prend onze heures pour faire l’aller-retour de la sortie de la grotte jusqu’aux enfants. Le trajet comptait aussi de longs passages sous l’eau. Cette dernière était boueuse et il n’était pas aisé de se repérer et de retrouver son chemin facilement. Les professionnels et les bénévoles ont travaillé de concert pour concevoir une stratégie capable de sortir le groupe de la grotte en toute sécurité. Un ancien plongeur qui avait travaillé dans la marine thaïlandaise s’est porté volontaire pour secourir les victimes. Il est toutefois décédé le 6 juillet en essayant de les aider. Face à l’urgence et après plusieurs jours de concertation, les secouristes ont décidé qu’il serait plus judicieux de faire sortir les enfants et l’entraîneur à pied. 90 plongeurs et près de 60 étrangers ont été mobilisés pour assurer l’évacuation des victimes. Le 8 juillet, quatre enfants émergent de la grotte et sont conduits à l’hôpital pour qu’on leur prodigue des soins intensifs. Le 10 juillet, au bout de trois jours d’évacuation, tous les membres ont pu être libérés et le groupe est déclaré hors de danger.

Pour en savoir plus :

 

 


ET AUSSI…..

Parce que l’actualité asiatique est très fournie et pour parfaire son tour d’horizon, l’AMA vous propose désormais en fin de chaque Point d’Actualité une sélection d’articles approfondissant d‘autres questions que celles traitées dans ses lignes.

☆ L’été, la saison du tourisme, mais également celle des écarts. Dans le cas du Taj Mahal, cette saison arrive après une longue année de négligence : pollué et entouré de déchets, le palais de l’amour risquerait la fermeture voire la démolition si rien n’est fait pour sa restauration. Le Diplomat revient dans cet article sur les défis nouveaux du célèbre monument à cette adresse : https://thediplomat.com/2018/07/the-taj-mahal-monumental-neglect/

☆ La lutte entre Taïwan et la République Populaire de Chine se poursuit, adoptant des aspects inédits : en jouant sur une discrimination positive à l’embauche, la Chine de Xi Jinping semble chercher à attirer les cerveaux taïwanais. Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter cet article de Courrier international : https://www.courrierinternational.com/article/pekin-cherche-attirer-les-cerveaux-taiwanais

☆ La chaleur ne touche pas que l’Europe. Le journal singapourien Strait Times fait un rapport de la vague de chaud que connaît le monde, et notamment l’Asie dans cet article : https://www.straitstimes.com/world/killer-heat-the-new-normal-in-a-world-with-climate-change

 

 

Mathilde Castéran, Sami Erchoff, Nada Guerrier,
Matthys Lambert, Roxane Poitou

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