21 juillet 1954 : Signature des Accords de Genève

À la fin du mois d’avril 1954, la Conférence de Genève s’ouvre. Rassemblant plusieurs grandes puissances (États-Unis d’Amérique, Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS), Grande-Bretagne), les États directement concernés (France, Vietnam, Laos, Cambodge) ainsi que d’autres acteurs additionnels (République populaire de Chine (RPC), Canada), cette conférence a pour but déclaré de mettre un terme au conflit indochinois.

Depuis 1946, l’ancienne Union indochinoise a implosé dans la violence. Le protectorat français, mis à mal par l’occupation japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale, est de plus en plus critiqué et rejeté par la population locale, emmenée par le Viet Minh, mouvement communiste d’Ho Chi Minh (1880-1969). La France refusant de renoncer à sa souveraineté sur l’Indochine, un conflit éclate. La création d’un État vietnamien en 1949 n’enraye pas les affrontements armés ; les troupes du Viet Minh mènent une guérilla sanglante face aux troupes françaises. La France s’acharne à conserver des territoires qu’elle considère comme acquis, face à un mouvement populaire soutenu directement par l’URSS et la RPC, et indirectement par la communauté internationale qui prône la décolonisation.

La Conférence de Genève doit donc trouver une solution à un conflit qui dure depuis bientôt huit ans. Initialement, les dix-neuf pays présents devaient statuer sur le problème entre les deux Corée qui n’ont alors toujours pas reconnu l’armistice conclu l’année précédente ; les débats vont cependant vite s’orienter vers la question indochinoise.

La victoire obtenue par le général Võ Nguyên Giáp (1911—2013) sur les Français à Diên Biên Phu le 7 mai 1954 précipite les débats. La carte des nouveaux États issus de l’Union indochinoise est dessinée par le jeu entre les puissances impliquées : en effet, la Chine ne souhaite pas un État trop puissant sur sa frontière Sud.

Ainsi, non seulement le Vietnam voit lui échapper le contrôle de la moitié de l’ex-Union, mais il est également coupé en deux au niveau du 17e parallèle : la République démocratique du Vietnam, ou Vietnam du Nord, cohabite désormais avec l’État vietnamien, ou Vietnam du Sud. Suivant le modèle coréen, la Conférence de Genève croit bon de diviser ce pays, du moins à court terme.

Pour le reste de l’ancienne Union, le Pathet Lao, mouvement indépendantiste laotien, voit ses revendications aboutir avec la création d’un État du Laos. Enfin, l’État du Cambodge obtient lui aussi son indépendance, quoique le mouvement allié au Viet Minh, celui des Khmers, ne se voit pas offert les commandes du nouvel État. Ci-dessous, une carte représentant la partition décidée à l’occasion des accords :

partition

L’accord trouvé le 21 juillet, long de 33 articles, est signé par le gouvernement français de Pierre Mendès-France (1907-1982) et celui de la République démocratique du Vietnam. Il prévoit un référendum en 1956 pour la réunification des deux Vietnam.

accords

Photo d’un exemplaire des accords signés le 21 juillet 1954

Cependant, deux États ne reconnaissent pas cet accord après sa signature : tout d’abord les États -Unis, qui ont conservé un statut d’observateur pour protester contre la présence de représentants chinois. En effet leur présence est perçue comme invalide par les Américains, qui n’ont pas de lien diplomatique avec la RPC. Le second État à ne pas reconnaître les conclusions de la Conférence de Genève est celui du Vietnam du Sud. Le président du Conseil des ministres sud-vietnamiens, Ngô Đình Diệm (1901-1963), redoute en effet la perspective d’une réunification d’un pays largement acquis à la cause d’Ho Chi Minh et du communisme. Pour le futur Président du Vietnam du Sud, il s’agit d’endiguer la progression communiste au Vietnam, et par extension en Asie du Sud-Est.

Ce succès en demi-teinte, qui marque la fin de la Guerre d’Indochine mais à l’origine du conflit tout aussi sanglant du Vietnam, désigne également le début du démantèlement de l’empire colonial français, désormais essentiellement présent en Afrique.

 

Cédric Legentil

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