Point Actualité du 20 juin 2018

Le Point Actualité de l’Association de la Sorbonne pour les Mondes Asiatiques, c’est un résumé bimensuel de l’actualité asiatique tenu par des étudiants de l’Université Paris I Panthéon Sorbonne.

Le Point Actualité se transforme pendant la période estivale ! Jusqu’à septembre, nous vous proposons une formule mensuelle composée de :
– Notre habituelle「QUESTION RÉGIONALE」: l’analyse d’un enjeu portant sur l’ensemble de la région d’Asie du Sud et de l’Est par un de nos membres ;
– Notre résumé de l’actualité : des informations choisies et expliquées par nos membres ;
– Une sélection d’articles : pour parfaire le tour d’horizon de l’actualité  du mois passé.

Prêts ? Voici donc ce qu’il s’est passé entre le 14 mai et le 20 juin !

 

🌏 QUESTION RÉGIONALE 🌏: LE PROBLÈME DE LA POLLUTION PLASTIQUE EN ASIE

Ces derniers mois plusieurs articles relayant des événements ayant eu lieu en Asie ont mis l’accent sur la pollution plastique dans la région indopacifique. En mars, la vidéo du britannique Rich Horner avait fait le tour des réseaux sociaux. Ce plongeur amateur avait filmé l’une de ses sorties sous-marines à Manta Point, près de l’île de Nusa Penida à Bali. Site de plongée reconnu, Monta Point est normalement prisé par les plongeurs pour ses raies Manta. Si une raie Manta est bien visible sur l’enregistrement, ce n’est pas elle qui est la vedette de la vidéo mais les déchets plastiques dont ces eaux réputées paradisiaques sont dorénavant remplies. À Bali également, île la plus touristique d’Indonésie avec plus de cinq millions de touristes en 2017, une rive de six kilomètres comprenant les plages de Kuta, Jimbaran et Seminyak, a été déclarée en « état d’urgence déchet » en novembre 2017 à cause de la pollution. Pour des raisons similaires, comme nous l’évoquions dans un autre point actualité, l’île de Boracay aux Philippines a été fermée aux touristes. Aux Philippines, encore, dans les bidonvilles de Manille, l’Estero de Magdalena est recouvert par une couche épaisse de détritus, au point que cet affluent du Pasig, plus grand fleuve du pays, semble avoir disparu. En Thaïlande au début du mois de juin, une baleine pilote est morte après avoir ingurgité plus de quatre-vingt-dix sacs poubelles. Cet événement n’est malheureusement pas un cas isolé. En effet, ce sont des centaines de créatures marines qui meurent chaque année sur les côtes thaïlandaises à cause du plastique. Enfin, au Cambodge la photographe Niam Peren a immortalisé la pollution plastique des plages et des eaux de Sihanouk.

La pollution plastique en Asie est de plus en plus visible. Les reportages et les photographies se ressemblent et les images sont saisissantes. Ce diaporama de Sciences & Avenir ainsi que cette vidéo de l’Agence France Presse mettent en image ce problème, de la Chine à l’Indonésie en passant par le Vietnam, les Philippines et la Thaïlande. Ces cinq pays rejettent chaque année plus de quatre millions de tonnes de plastique dans les mers du monde, soit la moitié du total des rejets, selon l’ONG Ocean Conservancy. De plus, parmi les 10 fleuves qui déversent  90% des déchets plastiques finissant dans les océans, huit sont asiatiques selon l’étude de chercheurs allemands dans la revue Environnemental Science & Technology d’octobre 2017 : le Yangzi Jiang, le fleuve Jaune, le Hai He, le Zhu Jiang (rivière des Perles), l’Indus, le Gange, le Mékong et l’Amour. Le Yangzi Jiang, anciennement fleuve Bleu, est le plus long fleuve d’Asie et le troisième plus long du monde après l’Amazone et le Nil avec ses 6 380 kilomètres. Selon la même étude ce sont plus d’1,5 million de déchets plastiques qui seraient brassés par ce fleuve.

 

carte fleuve ONU

Data from “Export of Plastic Debris by Rivers into the Sea” by Christian Schmidt, Tobias Krauth, and Stephan Wagner, published in Environmental Science & Technology (2017). Carte provenant de http://projects.xocas.com/staging/2018/un-pollution-plastic/

La pollution plastique des cours d’eau et des océans apparaît comme un véritable problème pour les populations. En effet, les chercheurs mettent en évidence que des fines particules plastiques se retrouvent dans l’eau potable et dans les poissons consommés par les populations locales, pouvant causer de nombreuses maladies. Les effets sont également catastrophiques pour les pécheurs et la biodiversité, tous les organismes vivant dans ces eaux sont touchés par la pollution ce qui entraîne une baisse des ressources halieutiques.

Pourquoi le problème de la pollution plastique est-il si important en Asie? Beaucoup l’expliquent du fait de la croissance de ces pays dont l’économie est en plein développement et que ceux-ci sont des pays du “tout plastique”. À cela s’ajoute le mauvais traitement des déchets plastiques, inexistant dans certaines régions. Il est souvent question également d’un manque de sensibilisation aux problèmes de la pollution. Cependant les populations locales, comme l’explique Niam Peren, n’ont pas réellement le choix. À Sihanouk, l’eau n’est pas traitée. Pour pouvoir boire de l’eau potable, les habitants sont obligés d’acheter de l’eau dans des bouteilles plastiques. Sans système de collecte des déchets, ils ne peuvent que finir par jeter les bouteilles vides dans la nature.

Selon une dépêche du Reuters partagée par RFI, le problème de cette pollution plastique dans les pays à forte croissance, en Inde notamment, peut s’expliquer par le développement du commerce en ligne et de la hausse de la consommation. Isha une habitante de New Delhi témoigne dans ce même article « Si je commande 20 produits, chaque fruit ou légume est emballé séparément dans un grand emballage plastique. Et même si vous ne prenez qu’un chou-fleur, il sera entouré d’un film plastique. Je retire tout immédiatement, car si vous gardez les légumes dans le plastique, ils pourrissent rapidement. Je finis donc avec ces piles d’emballage plastique à jeter ».

Si l’Asie est le continent le plus pollueur en termes de plastique, des initiatives sont mises en place par les gouvernements et les particuliers. Dans le cadre du défi pour des modes de vie à faible émission de carbone de l’ONU Environnement en Asie-Pacifique, des entrepreneurs ont mis en avant plusieurs solutions pour réduire les émissions de plastiques. Pour l’ONU Environnement ce défi « vise à mobiliser et soutenir les jeunes possédant des idées commerciales sur la façon de promouvoir des modes de vie à faible consommation d’énergie, à faible consommation de déchets et à faible émission de carbone ». Ainsi Pratvadee Sananvatananont a été le gagnant de ce défi en proposant d’ajouter la possibilité de refuser les couverts en plastique sur le site de Pandafoot, une entreprise thaïlandaise de livraison de repas à domicile.

Pour voir les autres idées récompensées par ce concours : https://www.unenvironment.org/fr/news-and-stories/recit/4-entrepreneurs-de-lasie-pacifique-tirent-benefice-de-modes-de-vie-sans

L’Inde, hôte de la dernière journée de l’environnement dont le thème était la lutte contre le plastique, a multiplié les activités de collecte, de recyclage et de sensibilisation aux déchets plastiques. Elle s’est également engagée à éliminer tous les plastiques à usage unique dans le pays d’ici à 2022. Selon le chef de la section environnement l’ONU, Erik Solheim « Cette journée mondiale de l’environnement a été la plus importante et la plus vivante jamais célébrée, grâce au leadership de notre pays hôte, l’Inde. L’Inde a pris un engagement phénoménal et a fait preuve d’un leadership environnemental clair, décisif et international. L’Inde est une source d’inspiration pour le monde et initiera le vrai changement ». De son côté, afin de lutter contre la pollution marine, l’Indonésie participe à la campagne de l’ONU « Océans Propres » lancée début 2017 lors du Sommet mondial sur les océans organisé à Bali. Ainsi, le gouvernement indonésien s’est engagé à réduire les déchets plastiques marins de 70% d’ici à 2025 en débloquant environ un milliard d’euro par an. Il entend augmenter le recyclage des détritus, lancer des campagnes de nettoyage et réduire l’utilisation des sacs en plastique dans le commerce de détail.

 

🇧🇩 BANGLADESH 🇧🇩 : LES CAMPS DE RÉFUGIÉS SONT FRAPPÉS PAR LA MOUSSON

Depuis quelques jours des pluies torrentielles menacent près de 200 000 réfugiés rohingyas au Bangladesh. Ces fortes pluies ont donné lieu à de nombreuses inondations qui auraient causé la mort d’un enfant, fait de graves blessés et mis en difficulté plus de 10 000 réfugiés. D’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR) environ 89 incidents ont pu être relevés. De nombreux glissements de terrain ont également eu lieu, source d’inquiétude pour les populations. Des infrastructures ont été détériorées, parmi elles un centre de santé, des toilettes et près de 2500 abris. D’après la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge (FICR) « Le risque d’une épidémie de maladies liées au manque d’accès à l’eau potable est désormais une sérieuse probabilité ». Elle affirme également que la situation ne devrait pas s’améliorer dans les prochains jours. On estime que près de 400 mm de pluies se seraient déversés dans des camps abritants presque un million de réfugiés. Certains programmes ont été lancés pour atténuer et limiter autant que possible les dommages causés par ces inondations. Les deux agences de l’ONU citées plus haut et le Programme alimentaire mondial (PAM) aidés par leurs partenaires coopèrent pour assurer la mise en œuvre de ces projets. Pour l’instant seulement 15 000 réfugiés ont été déplacés dans des zones plus sécurisées en raison du peu de zones disponibles et épargnées par la catastrophe.

Pour en savoir plus : https://www.lematin.ch/monde/La-mousson-s-abat-sur-les-campsderefugies/story/23365626

 

🇧🇹 BHOUTAN 🇧🇹 : LA FIN DU 11E PLAN QUINQUENNAL APPROCHE, SES RÉSULTATS TOMBENT PROGRESSIVEMENT

        L’actualité politique du Bhoutan nous avait invité à l’occasion de notre dernier Point Actualité à faire un rapide tour d’horizon du fonctionnement politique de ce pays himalayen. Cette fois, c’est du côté de son fonctionnement économique que nous nous rendons, alors que l’on entame la deuxième moitié de l’année 2018, dernière année du 11ème plan quinquennal suivi par le pays, et que les premiers résultats du plan sont publiés et étudiés par les autorités. Avec ce plan commencé en 2013, c’est sur le développement (ou « croissance socio-économique inclusive ») et sur l’autosuffisance du pays que les autorités voulaient se concentrer. N’étant aujourd’hui qu’au début du processus de réflexion sur les résultats du plan, nous ne pourrons pas donner d’analyse précise sur la situation. Quelques traits généraux peuvent cependant être dessinés.

A l’échelle nationale, les moyens engagés sur la période ont été une expansion de la politique budgétaire. L’économie bhoutanaise étant cependant peu développée (elle consiste surtout en une exploitation agricole et forestière et en la vente d’énergie hydroélectrique à l’Inde), une aggravation du déficit budgétaire sur toute la période a été observée. Lutter contre ce déficit a de ce fait été placé comme objectif du prochain plan quinquennal. Pour cela, les autorités prévoient d’encourager l’agriculture biologique (la production actuelle peu compétitive ne trouvant pas de débouchés). L’assouplissement des limitations autour du tourisme depuis 2015, notamment pour les touristes indiens avait été pensé dans ce sens.

C’est cependant surtout à l’échelle régionale et locale que la fin du plan en cours se fait ressentir. De nombreuses discussions entre citoyens et entre citoyens et autorités locales ou régionales ont eu lieu dans les différentes collectivités pour rendre compte des avancées des cinq dernières années et faire remonter les manques ou difficultés rencontrés. Le Kuensel, journal national bhoutanais donne un exemple de ces discussions dans cet article. La remontée des informations sur le quotidien des bhoutanais permet d’établir des objectifs et de les hiérarchiser pour la formulation du prochain plan. Par exemple, a été déclarée prioritaire le 2 juin dernier la fourniture de chaque ménage en eau courante. Six régions particulièrement en difficultés seront concernées par les mesures. Ce rapport sur l’arrivée de l’eau courante dans le Thromde[1] de Timphu[2], qui a servi à l’établissement de cette feuille de route est également un bon exemple de la réflexion sur les actions menées par les autorités pour le développement. Parmi les questions importantes que le plan doit établir, il a déjà été question des budgets alloués aux différentes autorités locales et régionales et de leurs marges de manœuvre respectives. À l’occasion de la réunion annuelle des Dzongdags[3], il a été déclaré que le 12ème plan prévoyait de mettre à l’honneur la décentralisation, donnant plus de pouvoirs aux collectivités locales dans les domaines du budget et des ressources humaines.

Nous aurons l’occasion avec l’éclaircissement autour du prochain plan de revenir plus en détails sur ces différentes questions dans nos prochains Points Actualité.

[1] Les Thromdes sont les divisions administratives du Bhoutan ; il en existe une vingtaine aujourd’hui.

[2] Capitale du Bhoutan, Timphy se situe dans le nord-ouest du pays.

[3] Une autre division administrative

🇨🇳 CHINE 🇨🇳 : DES “CAMPS DE RÉÉDUCATION” AU XINJIANG, QUEL AVENIR POUR LES OUÏGHOURS ?

Le Xinjiang est une région autonome chinoise ethniquement et culturellement beaucoup plus proche de pays tels que le Kazakhstan, dont elle est frontalière. Les Ouïghours qui y vivent depuis des siècles sont la cible des velléités intégratrices et assimilatrices de Pékin. Cette politique s’intensifie par la multiplication des « camps de rééducation », dans lesquels des dizaines de milliers de Ouïghours sont détenus.

La « transformation par l’éducation »

La définition des camps de rééducation donnée par le dictionnaire Britannica pourrait tout à fait correspondre au cas du Xinjiang: « centres d’internement pour prisonniers politiques et membres de groupes nationaux ou minoritaires qui sont confinés pour des raisons de sécurité, d’exploitation ou de punition, généralement par décret exécutif ou ordre militaire ».

Il faut dire que l’Empire du Milieu emploie les grands moyens pour parvenir à ses fins: 680 millions de yuans investis (plus de 107 millions de dollars) depuis 2016 pour la construction de ces centres, dans plus de 40 localités de cette région autonome du Nord-Ouest de la Chine. A leur échelon, les autorités locales cherchent à engager des spécialistes en psychologie criminelle pour inculquer aux détenus comment « préserver les secrets domestiques » de la nation et « ne pas être musulman ». D’ailleurs, depuis le début des années 2000, différentes méthodes ont été mises en place dans l’intention de remodeler les habitudes des Ouïghours: simulacres de cérémonies officielles au cours desquelles il est demandé aux citoyens de prêter serment de fidélité au parti unique; ou bien encore des cours de danse obligatoires, allant à l’encontre des pratiques de certaines minorités musulmanes interdisant la danse. Ces camps s’imposent alors comme outil de punition ou moyen de pression dans l’optique de maintenir l’ordre. Ajoutons à cela que les détenus font rarement l’objet de condamnations officielles; et qu’au-delà des conditions de détention, ils ne savent pas, pour la plupart, combien de temps ils seront retenus.  

Effacement culturel et amalgame volontaire

Selon les autorités chinoises, ces mesures sont nécessaires pour éviter l’extrémisme religieux qui s’est déjà illustré dans la région, notamment en mai 2014, où 43 personnes ont perdu la vie dans un attentat orchestré par le parti islamique du Turkestan. Ce même parti se veut le défenseur des particularités culturelles et religieuses des Ouïghours. Rappelons que cette région annexée en 1949 et devenue Région Autonome ouïghoure en 1955 subit depuis cette date les politiques d’assimilation ethnique qui impactent durablement la démographie de la région. Alors qu’en 1950, les Ouïghours représentaient près de 95% de la population, ils n’étaient plus que 59% en 2010, au vu du nombre croissant de Han (groupe ethnique majoritaire en Chine) qui vient s’installer dans la région. En plus de cela, en tant que citoyens chinois, les Ouïghours reçoivent un score de citoyenneté (Sesame Credit), qui se trouve amoindri d’office de 10% du fait de leur statut de minorité et encore amoindri de 10% s’ils prient quotidiennement selon le rite musulman.  

C’est donc clairement l’aspect culturel rattaché à la tradition musulmane qui est visé par ces mesures restrictives. Par exemple, dès 2017, la langue ouïghoure s’est vue interdite d’enseignement dans les écoles de la préfecture de Hotan et plus grave encore, des milliers de mosquées ont été détruites.

Encore une fois, ces mesures sont justifiées par les autorités dans l’intention de couper l’herbe sous le pied des extrémistes religieux, donc selon les officiels, la rétention dans les camps s’impose comme une nécessité pour « éradiquer les tumeurs » et « tuer les mauvaises herbes ». Il n’en demeure pas moins que la situation actuelle au Xinjiang constitue une entreprise décomplexée d’effacement ethnique et identitaire de la minorité ouïghoure.

Le rôle du Xinjiang dans les ambitions chinoises

Le Xinjiang est une province immense qui s’étend sur 1 646 800 km2, soit un sixième de la superficie totale de la Chine et environ trois fois la superficie de la France. Outre ce potentiel territorial allié à des sols prometteurs en hydrocarbures, la région sert de tremplin commercial à l’Empire du Milieu vers l’Asie centrale et l’Europe dans le cadre de son programme « One Belt, One Road ». Xi Jin Ping affiche clairement sa volonté de confirmer la domination commerciale chinoise en renforçant les infrastructures traversant le Xinjiang; or, les Ouïghours sont considérés comme un obstacle face auquel les camps de rééducation sont une réponse.

Quelles réactions de la part de la communauté internationale ?

La communauté internationale a déjà condamné ces camps de rééducation et leurs pratiques au siècle dernier et particulièrement sous l’ère Maoïste (1949-1976). Il semblerait néanmoins que la recrudescence de ces pratiques aujourd’hui au Xinjiang soit plus difficilement critiquable, au vu des intérêts diplomatiques, commerciaux et financiers que représente la Chine. La communauté internationale ferait-elle le choix de fermer les yeux sur ces violations des libertés humaines ?

Le 3 avril dernier, le sénateur américain Marco Rubio et le représentant Chris Smith sont montés au créneau. Tous deux coprésidents de la Commission exécutive du Congrès sur la Chine, ils ont qualifié ces camps de rééducation de « plus grande incarcération de masse d’une population minoritaire dans le monde ». Dans la même lignée, ils ont exhorté l’ambassadeur américain à Pékin Terry Branstad de déterminer si Washington devait ou non imposer des sanctions contre les responsables.

Enfin, au niveau étatique, c’est le Canada qui s’est exprimé récemment lors de la 37e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (mars 2018), en soulignant ses préoccupations et demandant des comptes au gouvernement chinois.

Sources:

🇰🇭 CAMBODGE 🇰🇭 :  ÉTAT DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE AU CAMBODGE ? “NON LIBRE”

Le 3 septembre 2017, le quotidien cambodgien en langue anglaise, Cambodia Daily, lançait un dernier cri d’agonie avant sa fermeture, tramée par le gouvernement :  » Le pouvoir de taxer devient le pouvoir de détruire. Après 24 ans et 15 jours, le gouvernement cambodgien a détruit le Cambodia Daily, un élément original et unique de la presse libre cambodgienne « . Puis, en 2018, c’est au tour du Phnom Penh Post (PPPost) de subir la poigne de fer de plus en plus resserrée du parti et des proches du premier ministre et ancien Khmer rouge, Hun Sen, contre la presse nationale. En effet, fin mai 2018, le PPPost a été vendu au directeur d’une entreprise malaisienne de relations publiques, Sivakumar S. Ganapathy, aussi connu pour ses relations avec le premier ministre cambodgien. Dès son arrivée à la tête du dernier journal anglophone indépendant du Cambodge, M. Ganapathy s’est d’ailleurs empressé de censurer un article à propos de la vente du PPPost, ainsi que de procéder à une purge des employés impliqués dans la rédaction de cette publication. Cette purge a été suivie d’une vague de démissions d’autres journalistes du PPPost, dans un dernier acte de solidarité.

Ces récents développements dans la presse cambodgienne renforcent donc les prévisions de l’ONG FreedomHouse, qui qualifie clairement l’état de la presse cambodgienne comme  » non libre « . En effet, même si la Constitution du Royaume du Cambodge garantit la liberté de presse, le Parti du peuple cambodgien (CPC) et son chef, Hun Sen, utilisent pouvoir et relations personnelles pour museler les journalistes du pays, en vue des élections locales et nationales de l’été 2018. Par exemple, en 2017, le pays a vu une nette augmentation des menaces physiques et orales, ainsi que des plaintes contre les journalistes et des arrestations d’activistes ou de membres d’ONG. Ceci a donc pour effet d’uniformiser à grande vitesse  le discours de la presse cambodgienne : la presse en langue khmère est en effet en grande partie du côté du gouvernement et lui est souvent liée. De même, presque toutes les chaînes de télévision ou de radio cambodgiennes appartiennent au CPC ou à des relations de Hun Sen, mettant ainsi en péril l’accès à une information variée et juste dans le pays, comme le déplore ce journaliste cambodgien anonyme dans une tribune du journal britannique The Guardian :  » Avec cet achat compromettant du Post, il ne reste plus que le Khmer Times (un journal dénoncé par son ancien éditeur en chef, lui-même), Facebook et l’odieux outil de propagande du gouvernement, Fresh News. Il n’existe plus aucune source d’information fiable. Ni pour le peuple cambodgien, ni pour les diplomates, ni pour les ONG « .

 

🇰🇷 CORÉE DU SUD 🇰🇷 : AGRESSIONS ET HARCÈLEMENT SEXUELS, LE FLÉAU DES “MOLKA”

Autopsie d’un grave problème de société

            « Molka », signifiant « caméra cachée » en coréen, est un terme faisant référence à une forme de voyeurisme high tech dont l’ampleur devient considérable au Pays du Matin calme.

Les victimes, filmées à leur insu dans les toilettes publiques, les vestiaires, les escaliers roulants ou le métro se retrouvent affichées sur les sites pornographiques dédiés à la Molka. Le plus célèbre d’entre eux: « Soranet », comptait près d’un million de membres et a été fermé l’été dernier, après des années d’efforts.

           L’ampleur de ce phénomène est telle qu’entre 2010 et 2015, les arrestations relatives à ce genre de délit sont passées de 1100 à 7600. Si ce problème gangrène la société coréenne dans sa vie quotidienne, certains cas sont des plus improbables, comme l’affaire des deux nageurs olympiques coréens, accusés d’avoir dissimulé une mini-caméra dans le vestiaire de leurs coéquipières.

           Le Gouvernement de la Métropole de Séoul a dès lors mis en place des mesures pour garantir la protection des femmes exposées à cette forme de violence sexuelle. A ce titre, 62,8 milliards de wons sud-coréens (soit l’équivalent de 50 millions d’euros), vont être investis sur la période 2016-2019. Au programme notamment: le développement depuis Septembre 2016, d’une application smartphone permettant aux femmes se sentant menacées d’alerter les autorités. Ces dernières peuvent alors activer l’une des 26 281 caméras de la ville pour prendre en flagrant délit la ou les personnes concernées.

 

Quand technologie rime avec voyeurisme

            Le phénomène des molkas est directement lié au boom des smartphones. Il faut dire que le pays est à la pointe de la technologie avec près de 90% des 50 millions de Sud-Coréens disposant d’un smartphone. En outre, la loi dans ce pays impose déjà aux fabricants de commercialiser les téléphones avec un appareil photo volontairement bruyant, à raison de 64 décibels minimum dès qu’il est déclenché. Cependant, cette loi est souvent détournée par le biais d’applications ou de logiciels téléchargeables sur smartphones.

           En plus, la population la mieux équipée au monde dans ce domaine peut aussi se fournir facilement d’appareils photo de plus en plus miniaturisés et de moins en moins chers, pouvant alors être dissimulés dans un bouton de veste, une serrure ou un stylo.  

 

Quelles solutions pour protéger les coréennes au quotidien ?

         Des brigades de chasseurs de caméras cachées ont été mises en place. Équipées de détecteurs, elles passent au peigne fin les installations sanitaires des espaces publics à la recherche de ces systèmes illégaux. Séoul compte actuellement 80 policiers et 50 inspectrices qui passent au crible 2300 toilettes publiques et 120 vestiaires de gymnase dans la ville. Tout est inspecté: poignées de porte, grilles de ventilation, porte-papier hygiénique.

           Néanmoins, ces mesures ne semblent pas suffisantes pour les coréennes puisqu’elles manquent de dispositions légales condamnant plus fermement ces pratiques. Les coréennes le font d’ailleurs savoir ! Répertoire d’action efficace, plus de 22 000 d’entre elles ont manifesté dans les rues de Séoul le 9 juin dernier, avec des slogans tels que « my body is not your porn ».

 

Quelles solutions d’un point de vue juridique ?

           Les accusés s’exposent en théorie à 5 ans de prison, mais en pratique, la législation est rarement appliquée et les punitions sont plutôt légères. La plupart se limitant à une amende de 80 000 wons (62,5€).

           En outre, le problème réside aussi dans l’interprétation et la définition des faits d’un point de vue juridique. Selon l’article 13 de l’Acte relatif aux cas spéciaux concernant la Condamnation des crimes sexuels: « tout individu qui photographie le corps d’une personne tierce, pouvant engendrer une stimulation sexuelle ou une situation honteuse nuisant à la personne concernée, par l’usage d’une caméra ou d’un mécanisme similaire, peut être puni d’une peine d’emprisonnement de 5 ans maximum ou de 10 millions de wons (7 815€). Ceux qui commercialisent, distribuent ou diffusent de telles images s’exposent aux mêmes sentences ». Dans les faits, des biais d’interprétation juridique faussent les condamnations. Dans le cadre d’une affaire récente de molka, la justice coréenne a conclu à un non lieu car « la plaignante ne portait pas de vêtement dévoilant son corps; et qu’ainsi les photos prises par l’accusé de la partie supérieure du corps de la victime sans sa tête ne pouvaient être retenues comme relevant d’un caractère sexuel ». Ainsi, nombre de victimes se sentant menacées, objectivées et harcelées sexuellement rencontrent de vraies difficultés à faire reconnaître les préjudices subis.

           Dans le même temps, le Ministère de l’Égalité des Genres a été vivement critiqué lors d’une inspection de l’Assemblée nationale en 2015, mettant en cause sa campagne contre le harcèlement sexuel. Plutôt que de décourager les agresseurs, cette campagne incitait les femmes à ne pas porter de minijupes ou à se couvrir les jambes si elles souhaitaient prendre le métro. Lors de l’audit, Lim Su-kyung, représentante de l’Alliance des Nouvelles Politiques pour la Démocratie (aujourd’hui Parti Minjoo de Corée), a déclaré: « de telles campagnes sont basées sur l’idée erronée que lorsqu’une femme est harcelée sexuellement, elle est en partie responsable et qu’elle a dû faire quelque chose pour le mériter ».

           Pour le moment, la justice coréenne piétine toujours sur le sujet. Depuis 2012, quatre projets de lois sont étudiés… mais toujours en attente.

Sources:

   Gilbert, David. « La Corée du Sud face au problème des caméras cachées par des voyeurs » dans Vice News. Récupéré depuishttps://news.vice.com/fr/article/la-coree-du-sud-face-au-probleme-des-cameras-cachees-par-des-voyeurs.

   Lee, Claire. « Voyeurism still tricky to stamp out in South Korea » dans The Korea Herald. Récupéré depuis http://www.koreaherald.com/view.php?ud=20160125000918.

   Se-jeong, Kim. « Stalkers to face harsher punishment » dans Korea Times. Récupéré depuishttp://www.koreatimes.co.kr/www/news/nation/2016/02/116_196665.html.

   Se-jeong, Kim « Seoul to implement protective measures for women » dans Korea Times. Récupéré depuis http://koreatimes.co.kr/www/news/nation/2016/03/113_199815.html

   « Corée du Sud: sous les jupes des filles, des voyeurs high-tech » dans RFI Asie-Pacifique. Récupéré depuis http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20161020-coree-sud-voyeurs-perversite-femmes-dessous

   «Taxi driver jailed over underwear camera » dans Korea Times. Récupéré depuis http://koreatimes.co.kr/www/news/nation/2016/03/113_199815.html

   « La traque des voyeurs high-tech de Corée du Sud » dans Le Parisien. Récupéré depuis http://www.leparisien.fr/high-tech/la-traque-des-voyeurs-high-tech-de-coree-du-sud-18-10-2016-6223347.php#xtor=AD-1481423554.

🇮🇩 INDONÉSIE 🇮🇩 : UN PASSÉ DOULOUREUX RÉVEILLÉ PAR DE NOUVEAUX ATTENTATS TERRORISTES

Le 13 mai dernier à Surabaya, deuxième plus grande ville d’Indonésie, un attentat a été perpétré contre trois églises par une famille de six personnes. Le jour suivant, une deuxième famille s’est attaquée à un commissariat de police. En tout, 14 personnes ont été tuées et plusieurs personnes ont été blessées, en grande partie des civils. Ces attaques ont pris de court la population indonésienne, pour qui la ville de Surabaya, capitale déclassée au profit de Jakarta et moins touristique que l’île de Bali, ne constituait pas une cible importante pour des terroristes. Aussi très choquant est l’emploi de plusieurs enfants, dont deux fillettes âgées de neuf et douze ans qui portaient des ceintures d’explosifs. L’Indonésie serait-elle donc sur le point de connaître une nouvelle vague d’attentats comme celle qui a bouleversé le pays dans les années 2000 ?

Ce n’est en tout cas pas dans les projets du président indonésien, Joko Widodo, qui tente, à la lumière de ces événements meurtriers et inattendus, de remettre sur le tapis de la Chambre des Représentants une loi qui donnerait à la police plus de pouvoir envers les individus suspectés de terrorisme, malgré le caractère peu efficace de ces mesures déjà passées en Europe.

Pour en apprendre plus sur les attentats de Surabaya :  https://thediplomat.com/2018/05/is-indonesia-newly-under-attack/

🇯🇵 JAPON 🇯🇵 : RÉACTION DU GOUVERNEMENT JAPONAIS APRÈS LA RENCONTRE TRUMP-KIM

            Le 12 juin dernier, Shinzo Abe n’a pas attendu la fin de la conférence de presse donnée par Donald Trump pour rendre compte des conclusions du sommet. Depuis son bureau à Tokyo, il a apporté son soutien à la déclaration commune aux dirigeants nord-coréen et étatsunien. Le soir même, il aurait eu une conversation téléphonique avec Donald Trump, notamment au sujet de la marche à suivre pour les jours et semaines à venir.

Pour le gouvernement japonais, il était essentiel d’imposer à la Corée du Nord une limite de temps pour le démantèlement de son arsenal. Deux représentants japonais, le secrétaire général du conseil de sécurité national Shotaro Yachi et le directeur général du bureau des affaires asiatiques et océaniques du ministère des affaires étrangères avaient en ce sens été envoyés à Singapour. Chargés de veiller à l’étude de mesures concrètes en faveur du démantèlement, ils ont largement pris part aux négociations préliminaires. Après des négociations qualifiées de diplomatiques, ils ont souligné l’écart entre les attentes et les résultats du sommet. Pour Shinzo Abe, ce sommet est une « étape » importante dans la marche vers le démantèlement. Les actions de sa part qui ont suivi le sommet montrent que pourtant cela ne suffit pas : le 15 juin, il a chargé des membres du gouvernement de travailler pour l’organisation d’une rencontre avec Kim Jong Un. La tenue d’une telle rencontre n’est cependant pas assurée dans la mesure où Shinzo Abe sera obligé avant toute chose de convaincre son camp politique.

Une autre question importante a été soulevée à l’occasion du sommet, celle des enlèvements de Japonais dans les années 1970 et 1980. Lors de sa prise de parole le 12 juin, Shinzo Abe a remercié le président Trump qui a, ce jour interrogé Kim Jong Un sur la question. Aucun détail supplémentaire n’a été donné, même après la conversation téléphonique entre Shinzo Abe et Donald Trump. Cette question en particulier doit être selon le premier ministre japonais traitée directement avec le dirigeant nord-coréen. Le 14 juin, il a rencontré les familles des Japonais enlevés pour les prévenir personnellement de sa volonté de rencontrer Kim Jong Un. La résolution de l’affaire des enlèvements dont le dossier est ouvert depuis longtemps maintenant reste pour le Japon une condition essentielle au soutien et à la bonne entente avec la Corée du Nord.

Cet article du Asahi Shinbun propose un retour rapide sur l’histoire récente de l’affaire des enlèvements.

 

🇵🇭 PHILIPPINES 🇵🇭: DES ISRAÉLIENS ARRÊTÉS POUR ESCROQUERIE

 Huit Israéliens seraient suspectés d’appartenir à un réseau d’escroquerie en ligne qui aurait détourné plusieurs millions de dollars. Le département de Justice des Philippines a d’ailleurs refusé leur mise en liberté provisoire. La police des Philippines a initialement demandé et organisé l’arrestation de près de 500 personnes qui travaillaient dans un centre d’appel. Ce ne serait d’ailleurs pas le seul bureau frauduleux. Pour certains il ne serait que la partie émergée d’un iceberg dont les autorités israéliennes ignoreraient elles-mêmes l’existence. Huit Israéliens ainsi que leurs 474 employés philippins ont été interpellés lors d’un raid dirigé par les forces de l’ordre. Si les salariés philippins ont été libérés, les Israéliens, gérants du centre d’appel, sont toujours derrière les barreaux. Ils sont accusés d’avoir escroqué leurs clients à l’étranger lors d’investissements en ligne. Le raid aurait eu lieu dans les bureaux de l’entreprise International Branding Development Marketing, qui s’étale sur trois immeubles. Les locaux de l’entreprise aurait servi de centre d’appel pour FTOCapital.com, un site de trading sur internet. Les opérateurs philippins avaient pour mission de convaincre les clients d’investir dans les Bitcoins.

Pour en savoir plus : https://fr.timesofisrael.com/israeliens-arretes-aux-philippines-lesommet-de-liceberg-dune-fraude-globale/lesommet-de-liceberg-dune-fraude-globale/

Un prêtre abattu pendant une célébration

Alors que le père Richard Nilo se tenait debout devant l’autel de son église pendant une célébration, deux inconnus sont apparus et auraient tiré sur lui à quatre reprises, provoquant sa mort immédiate. D’après la conférence épiscopale des Philippines, le père Nilo serait le troisième prêtre catholique assassiné depuis décembre 2017 aux Philippines. L’attaque se serait déroulée à Zaragoza, une localité de la province Nueva Ecija, à 100 km environ de la capitale Manille. Toutefois, d’après le chef de la police chargé de l’enquête, Oscar Albayalde, il n’y aurait aucun lien entre les trois affaires.

Pour en savoir plus : http://www.sudinfo.be/id58853/article/2018-06-11/un-pretre-tueen-plein-office-aux-philippines-il-recu-quatre-balles-devant

Un Australien est condamné à perpétuité pour pédophilie

Accusé du viol de plusieurs adolescentes de condition modeste, d’avoir filmé ces agressions puis d’avoir vendu les images sur internet, un Australien vient d’être condamné à la prison à perpétuité. Il aurait vendu ces images à des clients au Brésil, aux États-Unis et en Allemagne. Si l’on en croit la police, les Philippines seraient devenues le poumon d’un trafic international de pédophilie sur internet. La pauvreté de la population serait un avantage pour ces criminels qui profiteraient de leur vulnérabilité. Situé dans le sud de l’archipel, le parquet régional de la ville de Cagayàn de Oro, capitale de la province de Misamis oriental, s’est dit amplement satisfait du verdict prononcé contre l’accusé. Merlynn Uy, porte-parole du parquet régional, a déclaré « C’est une grande victoire pour nous. C’est un message très fort adressé aux trafiquants. Ce gouvernement prend au sérieux les poursuites judiciaires dans ce genre d’affaires ».

 

🇻🇳 VIETNAM 🇻🇳 : DES MANIFESTATIONS ANTI-CHINOISES APRÈS L’ANNONCE DU PROJET DU GOUVERNEMENT DE CRÉER TROIS ZONES ÉCONOMIQUES SPÉCIALES

Depuis le 9 juin, des manifestations ont lieu au Vietnam entraînant l’arrestation de plus de cent personnes. À Ho Chi Minh Ville, les manifestations ont pu être contenues par les forces de l’ordre. Cependant, dans le sud-est du pays dans la province de Binh Thuan, l’hôtel de ville a presque été détruit. Cause de ces rassemblement: un projet de loi visant à la création de trois zones économiques spéciales. Le texte propose aux investisseurs étrangers des baux de 99 ans dans des zones économiques spéciales. La peur des manifestants est que ce projet donne trop de pouvoir aux investisseurs chinois. Les relations entre le Vietnam et son encombrant, la Chine, sont depuis longtemps compliquées et un fort sentiment anti-chinois est très présent au Vietnam, sentiment alimenté par des rivalités historiques qui remontent au moins à la guerre sino-vietnamienne de 1979. En 2014, de violentes manifestations avaient déjà eu lieu en conséquence de la mise en place d’une plateforme pétrolière par Pékin dans une partie de la mer de Chine revendiquée par le Vietnam.

La création de ces ZES n’est pas le seul problème pour les Vietnamiens. Ils s’opposaient également à un projet de loi sur la surveillance des réseaux sociaux. Contrairement au projet de loi sur les ZES dont l’examen a été reporté afin d’apaiser les tensions, cette loi sur la surveillance des réseaux sociaux a été votée le 12 juin. Elle oblige les plateformes à stocker les données des Vietnamiens et à retirer toute publication qui représenterait une menace à la sécurité nationale.

Long, observateur de France 24, témoigne d’une manifestation qu’il a pu voir le 10 juin à Ho Chi Minh Ville: « Je me suis mis sur le côté et j’ai pris des photos. C’était vraiment encourageant. Les gens criaient des choses comme « Notre pays n’est pas à vendre à l’ennemi », ils avaient des pancartes qui disaient « Non aux 99 ans » ou « Nous ne voulons pas d’une grande muraille électronique ». À ce moment-là, je me suis vraiment senti patriote et connecté à tous ces gens. Certains sont très courageux. Ils sont sur la liste noire du gouvernement pour avoir participé à des manifestations par le passé. Comme par exemple il y a deux ans, contre une entreprise taïwanaise qui avait créé une catastrophe écologique. Mais cela ne les a pas empêché de revenir manifester dimanche. Il y avait un grand nombre de bus garés pas loin de la manifestation. J’ai vu plusieurs personnes s’y faire embarquer par des policiers en civils, certains se faisaient battre violemment. »

 

 

ET AUSSI…..

Parce que l’actualité asiatique est très fournie et pour parfaire son tour d’horizon, l’AMA vous propose désormais en fin de chaque Point d’Actualité une sélection d’articles approfondissant d‘autres questions que celles traitées dans ses lignes.

☆ Sur fond de guerre commerciale avec les États-Unis, la Chine profite du mondial 2018 pour mettre en avant ses marques et produits. Un atout dans cette avancée : l’internationalisation des normes économiques chinoises. Un article de l’Asialyst.

☆ Le tourisme a connu un boom en Indonésie ces deux dernières années. La raison : des actions fortes du gouvernement de Jokowi, élu en 2014 avec des objectifs clairs, faire de l’Indonésie une destination phare. Analyse sur le Diplomat.

☆ Un séisme de magnitude 6,1 a frappé Osaka (Japon) ce lundi 19 juin, faisant 5 morts et plus de 350 blessés. Alors que des répliques se font encore ressentir, les populations s’inquiètent de la fiabilité des bâtiments restés en apparence intacts. L’eau et l’électricité restent inaccessibles pour beaucoup. Dans le reste du Japon, on se souvient de la menace du “Big One”. Explications sur Le Monde.

 

Mathilde Castéran, Nada Guerrier, Matthys Lambert,
Anne-Charlotte Marcombe, Roxane Poitou

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