【EXPOSITION】Les Daimyo affichent leur puissance

Le Musée National des Arts Asiatiques-Guimet s’associe au Palais de Tokyo pour une exposition mettant à l’honneur les « seigneurs de la guerre », à travers leurs armures. 

           L’imaginaire collectif a conservé de l’époque féodale japonaise l’image des samouraï et des shogun, en oubliant bien souvent les daimyo, figures tout autant représentatives de cette période s’étendant du début de l’époque de Kamakura jusqu’à la fin de l’époque d’Edo, soit entre le XIIème et le XIXème siècle. Les daimyo ont pourtant été des membres éminents de la vie féodale à partir du XVème siècle, gouvernant sur les différentes provinces de l’archipel et régissant les guerriers samouraï. Depuis le 16 février, le Musée National des Arts Asiatiques-Guimet met en lumière ces personnages historiques dans le cadre de l’exposition « Daimyo, Seigneurs de la guerre au Japon ». Exceptionnellement, l’exposition se distribue sur trois lieux différents : le musée Guimet, l’hôtel Heidelbach situé non loin, au 19 de l’avenue Iéna, et au Palais de Tokyo, 13 avenue du président Wilson.

                     La visite débute dans l’hôtel Heidelbach où sont présentées d’importantes armures de ces seigneurs féodaux japonais. Conjointement à celles-ci, est également exposé un ensemble intéressant d’autres attributs liés à la classe des daimyo, tels que des bannières (umajirushi), des casques spectaculaires (kabuto), des textiles (principalement des cottes d’armes jinbaori), des sabres, ainsi que des masques mempo, témoignages du raffinement et de l’originalité de cet artisanat japonais propre à la classe des daimyo.

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Quatre des armures présentées dans l’Hotel Heidelbach

           Les daimyo, qui ont pour beaucoup d’entre eux été d’importants mécènes, louaient les services d’artisans de renom afin de se faire fabriquer des œuvres « sur-mesure », aux insignes des clans auxquels ils appartenaient (que nous pouvons d’ailleurs distinguer grâce aux emblèmes héraldiques mon présents sur la plupart des œuvres). Car en plus de servir d’éléments de protection, le rôle esthétique de ces pièces était extrêmement important, permettant à celui qui les portait d’afficher son statut, sa richesse et l’importance de son clan.

           Le visiteur est ensuite invité à se rendre à la Rotonde, au quatrième et dernier étage du musée Guimet, pour découvrir 11 autres armures exceptionnelles, présentées assises (comme le veut la coutume japonaise) dans un environnement feutré. Cette seconde partie de l’exposition permet au public d’admirer en détail la finesse de ces pièces, dont les moindres éléments présentent les subtilités esthétiques propres à l’art japonais.

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Au centre de la Rotonde du musée Guimet, armure présentée de façon traditionnelle: sur un coffre (bako) avec bannière militaire au dos.

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Détail d’une des armures présentées au sein de la Rotonde, casque présentant un cimier en forme de chimère.

       La visite se termine entre les murs du Palais de Tokyo, musée dédié à l’art contemporain, et qui s’est associé au Musée Guimet pour cette exposition inédite. Dans Daimyo, le corps analogue sont présentées 8 armures japonaises provenant de la collection de l’artiste britannique Georges Henry Longly. Celui-ci, qui se fait pour l’occasion metteur en scène de sa propre collection, crée un dialogue entre ses armures et un environnement ultra-moderne, troublant le regard à l’aide d’écrans vidéos et jeux de lumières. Une manière d’appréhender sous un nouvel angle ces armures.

           Cette collaboration entre les deux musées parisiens, en plus de donner à voir des œuvres inédites issues de collections privées et publiques, et qui, pour certaines sont montrées pour la première fois au public français, permet d’appréhender sous des angles différents, ces chefs-d’œuvre de l’art nippon. D’autres arts liés aux daimyo, tel que l’art des poèmes, du théâtre Nô, de la cérémonie du thé ou de l’arrangement floral, auraient également pu être évoqués mais les responsables ont choisi de se centrer sur cet exceptionnel ensemble d’armures illustrant magnifiquement la volonté des guerriers de témoigner de leur toute puissance.

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Installation de Georges Henry Longly au Palais de Tokyo (crédits photographiques : Palais de Tokyo)

Exposition « Daimyo, Seigneurs de la guerre au Japon », Musée National des Arts Asiatiques-Guimet et Palais de Tokyo (dans le cadre de la nouvelle saison du musée « Discorde, Fille de la Nuit », du 16 février au 13 mai 2018). 

Anna Kerviel

 

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