Point Actualité du 28 janvier 2018

Après un mois d’absence, le Point Actualité d’AMA revient sur l’actualité asiatique des dernières semaines et vous propose une sélection d’articles.

 

🌏 RELANCE DES NÉGOCIATIONS AUTOUR DE L’ACCORD DE LIBRE ÉCHANGE TRANSPACIFIQUE (TPP) 🌏

                Le Canada a déclaré le 23 janvier, à l’occasion de la tenue du forum économique mondial de Davos (1), son réinvestissement dans les négociations sur un projet de zone de libre-échange entre pays du Pacifique. Cette déclaration fait suite à une réunion d’experts à Tokyo pour organiser la réintégration du pays dans l’accord, après son retrait l’an passé. Les onze pays signeront un accord final le 8 mars lors d’une réunion au Chili, d’après les déclarations du gouvernement singapourien. Les négociations ayant été nombreuses en amont, la déclaration du Canada n’est pas tant surprenante. Elle n’en est pas moins importante. Elle remet à jour les questionnements autour d’un traité qui semblait avoir été mis de côté après le retrait des Etats-Unis en 2016 (retrait qui était d’ailleurs l’une des premières mesures signées par Trump). C’est donc un symbole important vis-à-vis des Etats-Unis qui se trouvent laissés derrière en termes d’échanges internationaux.

Pour une analyse de la position canadienne sur le sujet, lire ici : https://www.mercurynews.com/2018/01/23/canada-forges-trade-deal-with-former-tpp-countries/

Le principe du TPP était à l’origine de former une zone de libre-échange et de partenariat commercial et améliorer ainsi les économies des pays participants par l’augmentation des débouchés, l’intensification de la compétition et des échanges.  Les négociations ont commencé en 2008 (faisant suite à un premier accord en 2005 entre le Chili, Brunei, Singapour et la Nouvelle-Zélande) et un premier traité a été signé en février 2016.

Pour ceux qui voudraient approfondir les questionnements autour des principes et enjeux du TPP, voici une petite vidéo explicative (en anglais) : https://www.youtube.com/watch?v=4juvjcRfChM

Parmi les douze pays ayant pris part aux négociations, on retrouve Brunei, le Japon, le Vietnam, Singapour et la Malaisie. D’autres pays (la Corée du sud, la Thaïlande, les Philippines) se sont déclarés intéressés par l’accord. La Chine n’en fait pas partie. L’un des objectifs du traité aurait aussi été de faire face à la montée de l’économie chinoise ou de la forcer aux réformes pour correspondre aux impératifs éventuels du traité. Elle ne s’est pour autant jamais officiellement déclarée opposée.

Le nouveau traité ne s’appellera plus TPP mais CPTPP pour Comprehensive and Progressive Tans-Pacific Partnership. La plupart des engagements restent les mêmes, le plus gros changement étant lié à des clauses que défendaient les Etats-Unis, notamment sur des questions de propriété intellectuelle et de protection des données. La possibilité controversée pour les entreprises et investisseurs de poursuivre des Etats pour violation des traités est conservée. Certaines clauses restent débattues, au sujet par exemple des sanctions commerciales pour le Vietnam ou de la production minière au Brunei.

Voici quelques articles présentant les intérêts des différents États dans cet accord :

(1) Un forum qui se tient annuellement entre des responsables politiques et économiques du monde entier pour discuter des problèmes urgents pour la planète

🇦🇫 AFGHANISTAN:  AFFIRMATION DE LA PRÉSENCE CHINOISE 🇦🇫

L’actualité afghane a encore dramatiquement été marquée par la série d’attentats ayant affecté le pays. Rien que ce samedi 27 janvier, une attaque des talibans à l’ambulance piégée a causé la mort de 63 personnes. Une telle attaque apporte un sérieux discrédit à la mission de l’OTAN présente sur place depuis 2001 et pilotée par les États-Unis qui y fournissent plus de quatorze mille soldats. Dans ce contexte, la Chine voit un intérêt à s’impliquer davantage. The Diplomat rapporte ainsi que la Chine, dans le cadre d’un accord signé le 26 décembre avec l’Afghanistan, prévoit de construire une base militaire afghane au nord du pays, et de financer l’équipement des soldats afghans présents sur place. La Chine serait donc de moins en moins réfractaire à se déployer hors de ses frontières, et ce d’autant plus que la situation de Afghanistan est scrutée de près par Pékin. Pays multiethnique, la Chine fait face depuis de nombreuses années à des troubles sécuritaires dans la province du Xinjiang, où réside la minorité musulmane et turcophone des Ouïghours. Faisant face à de nombreux appels à l’indépendance, Pékin a déployé tout son appareil sécuritaire dans la région, qui a subi de nombreux attentats ces dernières années. L’intérêt chinois pour l’Afghanistan serait d’éviter l’apparition d’une zone grise où les militants des différents mouvements indépendantistes ouighours pourraient s’entraîner et se développer. Cette crainte n’est pas infondée comme le montre le pure-player dédié à l’Asie-Pacifique, en rappelant notamment l’attaque commise par des militants islamistes à l’encontre de l’Ambassade chinoise au Kirghizistan le 30 aout 2016. Avec la clôture du théâtre d’opérations irako-syrien, le djihadisme mondial pourrait chercher à s’implanter dans les pays Asie centrale, qui serait un terreau fertile pour le développement de l’islamisme radical, comme le démontre la défection de l’ex-chef des forces spéciales de la police tadjike vers l’État islamique en mai 2015. Toutefois, The Diplomat relève que cette attention chinoise à l’égard de l’Afghanistan pourrait ne pas répondre seulement au seul intérêt sécuritaire. Elle serait aussi motivée par le projet « One Belt One Road » qui demanderait une maîtrise de la situation sécuritaire dans les pays concernés, d’où l’action en Afghanistan. Parallèlement à l’accord de défense, un sommet tripartite entre la Chine, le Pakistan et l’Afghanistan évoquait une participation de l’Afghanistan au projet sino-pakistanais de « corridor économique » (CPEC) ainsi qu’au projet « One Belt One Road ». Cette extension du projet sino-pakistanais, et l’aide économique chinoise allant avec permettrait à l’Afghanistan de développer ses infrastructures. Pour la Chine, ce serait un pas vers la réalisation du projet faramineux des « Nouvelles Routes de la Soie », en échange d‘une coopération sécuritaire accrue de l’Afghanistan avec la Chine dans la lutte contre les militants islamistes et indépendantistes ouïghours.

China’s Military Base in Afghanistan
Why Is China Holding the China-Pakistan-Afghanistan Dialogue Now?
Linking Afghanistan to China’s Belt and Road

🇰🇷🇰🇵 PÉNINSULE CORÉENNE: DRAME SOCIAL ET RAPPROCHEMENT INTER-CORÉEN. 🇰🇵🇰🇷

Alors que le monde hollywoodien réalise la dure vérité du harcèlement et de l’abus sexuels dans l’industrie du film américaine, de l’autre côté du Pacifique, en Corée du Sud, c’est le suicide du chanteur du groupe de K-pop SHINee, Kim Jonghyun, qui révèle les nombreux faux pas de l’industrie du divertissement sud-coréenne envers ses artistes. Même si les profils des stars coréennes sur les réseaux sociaux donnent une impression de constante joie de vivre, dès que l’on regarde de plus près la vie des stars de K-pop, l’histoire est bien différente. Contraintes par des contrats interminables et très stricts dès l’adolescence, les jeunes talents sont néanmoins soumis à des exigences dépassant de beaucoup leurs salaires. Régimes draconiens pour une apparence impeccable, répétitions intenses pour une chorégraphie de groupe coordonnée au millimètre près et ce même en cas de blessure, interdiction presque totale d’avoir une vie privée et restriction au strict minimum des contacts avec famille et amis, la liste d’obligations est encore longue, menant ainsi au drame de Kim Jonghyun le 18 décembre dernier. Serait-il donc temps de réformer l’industrie du divertissement à l’échelle mondiale ?

Pour un aperçu plus approfondi de la question : https://www.theguardian.com/music/2017/dec/18/kim-jong-hyun-shinee-star-dies-amid-an-unforgiving-k-pop-industry.

Ça y est! Malgré les dernières sanctions de l’ONU concernant l’importation de pétrole en Corée du Nord, la ligne de téléphone rouge entre Pyeongyang et Séoul, coupée depuis deux ans déjà, a été rétablie par la Corée du Nord. Cela est sûrement dû aux subtiles, mais déterminées, avances sud-coréennes au sujet de la participation de Pyeongyang aux Jeux olympiques d’hiver de PyeongChang 2018. Ainsi, la semaine dernière déjà, des pourparlers de haut niveau s’étaient tenus à ce sujet, poursuivis cette semaine et terminés par une visite du grand leader nord-coréen sur le site de Pyeongchang. À l’issue de ces discussions ont été décidé la formation d’une équipe de hockey féminine conjointe pour les jeux, la tenue d’une représentation de musique orchestrale par une troupe du Nord au mont Geumgang et la participation de hauts dirigeants nord-coréens à la cérémonie d’ouverture de PyeongChang 2018. Enfin, mercredi, les deux Corées ont même décidé d’unifier leurs deux équipes pour la cérémonie d’ouverture de la compétition !

Le Nord et le Sud du 38e parallèle semblent enfin avoir trouvé un sujet d’entente, malgré les nombreux commentaires défaitistes et railleries du président américain au sujet de la péninsule coréenne. Ce rapprochement semble d’ailleurs soutenu par le chef d’État chinois, Xi Jinping, qui aurait encouragé son homologue américain par téléphone à ne pas entraver les durs efforts de paix en action entre les deux Corées.

Plus sur le projet de rapprochement des deux Corées ici : http://www.koreatimes.co.kr/www/nation/2018/01/356_242752.html

 

🇨🇳CHINE: E.MACRON ET XI JINGPING COMBLENT-ILS LES VIDES? LECTURE INTERNATIONALE DE LA VISITE DU PRÉSIDENT FRANÇAIS EN CHINE.🇨🇳

Très commentée par nos médias d’informations nationaux, la visite d’Emmanuel Macron en Chine, du 8 au 10 janvier, a un retentissement international. Alors que le colossal contrat de 10 milliards d’euros remporté par Areva et le cadeau de Vesuve de Brekka, prestigieux cheval de la garde nationale française sont les informations principales retenues en France, l’Europe et le monde retiennent tout autre chose de cette première visite. Elle donne l’opportunité, aux présidents Macron et Xi, d’une nouvelle fois se présenter comme des successeurs naturels aux places vacantes laissées par l’Allemagne et les Etats-Unis.

En effet, et ceux dès la première prise de parole publique du président Français tout juste arrivé dans la ville historique de Xi’An. Peu lésineux sur les compliments adressés à l’Etat Chinois, E. Macron va répéter à trois reprises la formule clé de cette visite, retranscrite dans un tweet quelques heures plus tard, “l’Europe est de retour”(1). Commentée par Teresa Ribera(2) auprès de La Tribune, cette déclaration montre la volonté d’Emmanuel Macron de se faire “l’ambassadeur de l’Europe en Chine”(3). Cette situation est rendue possible par un contexte européen bénéfique à l’amélioration du soft-power français. En effet, alors que l’Allemagne s’imposait comme la cheffe de la diplomatie européenne, les crises politiques internes obligent la Chancelière à internaliser sa ligne politique. À ses côtés, l’ancien partenaires britannique pâtit des conséquences du Brexit et met un terme à “l’âge d’or” de la relation sino-britannique(4). Ainsi, vu d’Italie, “Emmanuel Macron continue de remplir les vides de pouvoirs”(5).

Parallèlement, cette visite fait honneur au crédo de la politique étrangère de Xi Jingping, la “politique du gagnant-gagnant”. Elle est une aubaine pour Pékin qui voit en Emmanuel Macron un parfait partenaire, se pliant volontiers aux jeux diplomatiques chinois. Le président Français, avant tout venu réduire le déficit commercial franco-chinois s’élevant à près de 30 milliards d’euros(6), va éviter de froisser ses interlocuteurs allant jusqu’à courtiser ouvertement ses interlocuteurs. Les conditions sociales, le sort des dissidents tel que Lu Xiaobo ou Ai Weiwei, et les entorses faites aux Droits de l’Hommes s’estompent et laissent apparaître l’image d’une Chine “engagée(7)”, capable de distinguer “suprématie et hégémonie(8)”. Cette rhétorique place la Chine dans la posture d’un acteur raisonnable et indispensable à l’administration des relations internationales. E. Macron offre à Pékin le statut de « puissance responsable », autrefois acquis aux États-Unis.

Pour J. Hernandez, correspondant du New York Times à Pékin, cette visite n’incarne pas seulement la volonté personnelle des deux Etats de se substituer à l’Allemagne et aux Etats-Unis. Les présidents Français et Chinois proposent une vision convaincante pour contrer l’embardée unilatéraliste de l’Administration américaine9. La déclaration conjointe(10) qui clôt cette visite officielle promeut une gestion multilatérale du monde en s’essayant à l’exhaustivité. Elle embrasse la quasi totalité des grands enjeux internationaux du moment, réchauffement climatique en tête de file. Ce sont également la sécurité et la lutte contre le terrorisme en Afrique, la facilitation des échanges commerciaux internationaux ou encore la mise en place d’une législation internationale des cyberespaces qui sont au calendrier de la relation franco-chinoise.

Bien que le jeune dirigeant Français et son homologue Chinois souhaitent une telle transition de pôle de pouvoir et d’influence, l’impact réel de cette rencontre est à relativiser. Bénéfique aux grands groupes français venus accompagner les officiels, elle n’a que peu d’effet sur le géant chinois. Elle reste avant tout symbolique. Cet exercice de communication bilatéral, destiné à l’Europe et aux Etats-Unis, s’incrit dans la suite logique du jeu trés réaliste des relations internationales post-Brexit et Donald Trump, au sein duquel l’affaiblissement des uns est synonyme de promotion pour les seconds.

 

(1)  Discours du Président de la République Française au palais de Daminggong, le 8 janvier 2018. [Consulté en ligne le 22 janvier 2018]. URL : https://cn.ambafrance.org/Discours-du-President-de-la-Republique-au-palais-de
(2)  Secrétaire d’Etat en Espagne entre 2008 et 2011, elle est aujourd’hui directrice de l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI).
(3)  Dominique Pialot, “Climat : Macron joue les éclaireurs d’une alliance sino-europeenne”, La Tribune, le 8 janvier 2018. [Consulté en ligne le 22 janvier 2018]. URL: https://www.latribune.fr/economie/international/climat-macron-joue-les- eclaireurs-d-une-alliance-sino-europeenne-763864.html
(4)  Kim Willsher et Tom Phillips, “Emmanuel Macron to visit China as Beijing shifts focus from UK to France”, The Guardian, le 7 janvier 2018. [Consulté le 22 janvier 2018]. URL:https://www.theguardian.com/world/2018/jan/07/emmanuel-macron-china-visit-beijing-ties-eu-xi-brexit
(5)  « Vu de l’étranger. En Chine, Emmanuel Macron prend des airs de De Gaulle”, Courrier International, le 10 janvier 2018. [Consulté le 22 janvier 2018]. URL: https://www.courrierinternational.com/article/vu-de-letranger-en-chine- emmanuel-macron-prend-des-airs-de-de-gaulle.
(6)  Pour l’année 2015, le Ministère de l’Economie et des Finances donnent le chiffre de 28,6 milliards d’euros de déficit commercial avec la Chine https://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/File/426270
(7)  Rapport du Service économique régional de l »ambassade de France en Chine, “Les relations commerciales entre la France et la Chine en 2015”, 2015. [Consulté le 22 janvier 2018]. URL: https://cn.ambafrance.org/Discours-du- President-de-la-Republique-au-palais-de
(8) Ibid.
(9)  Javier. C. Hernandez, “In China, Macron Offers a Horse and a Vision to Counter Trump”, The New York Times, le 9 janvier 2018. [Consulté le 22 janvier 2018]. URL: https://www.nytimes.com/2018/01/09/world/asia/china-france-xi-macron.html
(10)  Déclaration conjointe du Président de la République française et du Président de la République populaire De Chine, à Pékin, le 10 janvier 2018. Javier. C. Hernandez, “In China, Macron Offers a Horse and a Vision to Counter Trump”, The New York Times, le 9 janvier 2018. [Consulté le 22 janvier 2018]. URL: https://cn.ambafrance.org/Declaration-conjointe-du-President-de-la-Republique-35577

 

🇮🇳 INDE: VERS LA DÉPÉNALISATION DE L’HOMOSEXUALITÉ? 🇮🇳

Le 8 janvier, la Cour suprême indienne a déclaré vouloir réexaminer l’article 377 du code pénal. Datant de 1861 et hérité de l’administration coloniale anglaise, cet article prohibe les rapports charnels jugés contre « l’ordre de la nature » (« carnal intercourse against the order of nature ») et prévoit des peines allant jusqu’à la prison à perpétuité.  Le souhait affiché par la Cour suprême de modifier cet article semble être un pas vers la dépénalisation de l’homosexualité. Ainsi, la déclaration de la Cour suprême a été accueillie avec espoir par la communauté LGBT indienne et les associations de défense des droits de l’homme. L’abrogation de ce texte de loi permettrait de transformer les mentalités indiennes en dépénalisant l’homosexualité et supprimerait un des outils de répression utilisés contre la communauté LGBT.

Cependant les jugements rendus concernant les droits de la communauté LGBT par les différentes instances judiciaires indiennes sont contradictoires. L’article 377, par exemple, avait été abrogé par le tribunal de New Delhi en 2008 avant que la Cour suprême, suite aux revendications de groupes religieux, annule la décision en 2013. Pourtant, un an plus tard, cette même cour reconnaissait l’existence d’un troisième genre et pressait les administrations de faire respecter le droit des transgenres.

Depuis plusieurs années, les associations militent pour la révision de l’article 377. En effet, si dans les grandes villes il est possible d’afficher son homosexualité sans mettre en péril son intégrité, la situation est différente dans le reste de l’Inde. Dans les milieux ruraux, bien que les poursuites judiciaires pour homosexualité soient rares, l’article 377 est utilisé par la police pour faire du chantage. Ce racket s’accompagne, régulièrement, de violences physiques et morales à l’encontre des minorités sexuelles.

 En Inde, la communauté LGBT est de plus en plus visible dans l’espace public et progressivement le tabou sexuel qui entoure l’homosexualité se lève. Des intellectuels ont affiché leur soutien à la cause LGBT comme le prix Nobel Amartya Sen et des personnalités influentes comme le prince Manvendra Singh Gohil ont affiché et revendiqué publiquement leur homosexualité. Ce prince de l’État du Gujarat est devenu une figure importante de la lutte pour les droits des minorités sexuelles. En ce début d’année, il a décidé de transformer son palais en centre d’accueil et d’aide pour les homosexuels rejetés par leurs familles.

Pour en savoir plus :
http://www.abc.net.au/news/2018-01-23/openly-gay-indian-prince-calls-for-reforms-to-anti-lgbt-law/9353596

🇮🇩 INDONÉSIE: MODERNISATION DE L’ARMÉE 🇮🇩

 Le 23 janvier dernier, le secrétaire à la défense des États-Unis James Mattis a effectué une visite à Djakarta. L’ancien général des US Marines a assisté au terme de sa visite à une curieuse cérémonie, qui aurait révolté la communauté végétarienne. Des membres des forces spéciales indonésiennes ont, au cours d’une démonstration, mordu à pleines dents dans des cobras vivant, avant d’en boire le sang. Au-delà des débats autour des traditions locales, cette visite s’établit dans un contexte particulier. Puissance asiatique majeure, cet archipel comptant plus de dix-sept mille iles fait face, à l’instar de ses voisins, à l’expansionnisme territorial chinois en Mer de Chine méridionale, notamment à proximité des îles Natuna, territoires de l’Indonésie. En plus d’avoir multiplié les patrouilles navales et arrêté plusieurs pécheurs chinois dans la zone, l’Indonésie a décidé de renommer la mer de Chine méridionale la « mer Natuna ». Cet acte, purement symbolique, montre la volonté indonésienne de plus en plus affichée de parer à toute tentative chinoise d’appropriation territoriale. D’où la pertinence d’un effort de modernisation de l’armée indonésienne, dont le sujet fut abordé avec le secrétaire à la Défense des États-Unis. Ce dernier a déclaré que les États-Unis seraient prêts à reconsidérer les sanctions touchant l’armée indonésienne suite à des violations des droits de l’homme, ce qui pourrait développer significativement les échanges militaires entre les deux pays, ainsi que les ventes d’armes. Des discussions seraient en cours pour l’achat de 48 chasseurs états-uniens F-16, parallèlement aux espoirs de l’armée de l’air indonésienne de finaliser un accord d’achat de chasseurs russes Sukhoi. Si cette modernisation de l’armée indonésienne se poursuit, l’Indonésie pourrait devenir un acteur de premier plan dans la scène régionale, capable de s’opposer à toute manœuvre brutale de la part de la Chine.

Mattis Got A Kick Out Of Indonesian Soldiers Drinking Snake Blood During Bizarre Display
Indonesia Looks To U.S. To Relax Limits On Its Special Forces
Indonesia’s New Air Force Chief To Prioritise Procurement Of Jet Fighters

 

🇦🇫 MALAISIE: PENANG, LA SILICON ISLAND 🇦🇫

Si Hollywood a son Bollywood, il semblerait que la Silicon Valley californienne ait aussi sa Silicon Island, à Penang, en Malaisie. En effet, il semblerait que, grâce à la création d’une zone industrielle libre sur l’île-détroit de Penang, à quelques 400 km de Kuala Lumpur, dans les années 1970 ait permis d’attirer les grands pontes de l’électronique, comme Hewlett Packard et Intel, et de développer l’industrie technologique de la région. Ce paradis de l’innovation, loin des bouchons interminables de Kuala Lumpur et de ses loyers chers, accueille aussi un nombre grandissant de start-ups profitant de cette couveuse technologique méconnue pour tester leurs projets avant d’entrer dans des marchés plus compétitifs.

Voici une vidéo pour découvrir l’incroyable génie de certaines start-ups de Penang : http://www.bbc.com/news/av/business-42686192/the-malaysian-region-that-became-a-hardware-hub

 

 

🇵🇰 PAKISTAN: TENSIONS AVEC LES ÉTATS-UNIS; ALLIANCE TOUJOURS PLUS FORTE AVEC LA CHINE🇵🇰

Le 8 janvier dernier, les États-Unis ont officiellement suspendu leur aide militaire à destination du Pakistan, dont le montant avoisinait plus de deux-cents cinquante millions de dollars. Cette suspension fait suite au « diplotweet » de Donald Trump du 1er janvier dernier. Pour son premier tweet de la nouvelle année, le président états-unien déplorait que, hormis « des mensonges et de la duplicité », le Pakistan n’ait rien fourni en contrepartie de cette aide militaire. Pourtant, le maintien de relations de haut niveau avec le Pakistan est essentiel. Une partie non négligeable du ravitaillement des bases de l’OTAN en Afghanistan transite par le Pakistan, de même que les avions de combat de la marine américaine qui doivent traverser l’espace aérien pakistanais pour pouvoir se rendre en Afghanistan. Surtout, le Pakistan détient une partie de la solution au problème afghan, étant donné l’influence plus ou moins avérée des services de renseignement pakistanais sur l’insurrection talibane, afin d’éviter que l’Afghanistan ne se rapproche trop de l’Inde, l’ennemi juré d’Islamabad.

D’autre part, les États-Unis n’auraient aucun intérêt à ce que la situation sécuritaire, historiquement très mauvaise d’un État doté de l’arme nucléaire ne s’affaisse encore plus. Cela pourrait faire courir le risque que l’arme nucléaire pakistanaise ne tombe entre de mauvaises mains ; un scénario jamais totalement écarté à Washington.

D’où la nuance apporté dans un second temps par le département américain de la défense au propos de Donald Trump, qui insiste sur le fait que l’aide est «  gelée » et non pas « annulée », ce qui veut dire qu’elle peut être rétablie. La revue Foreign Policy ajouté également que « Trump peut bien tweeter ce qu’il veut, la politique des États-Unis en Afghanistan requiert un port avec un accès ferroviaire ou routier à l’Afghanistan ». Cette administration – tout comme ses prédecesseures – sera confrontée au même échec en condamnant publiquement le Pakistan. Quoi qu’il en soit, le désarroi est grand tant à Islamabad qu’à Washington, où l’on redoute que ce coup d’humeur des États-Unis ne renforce encore la proximité de vues entre le Pakistan et la Chine, et ce y compris à propos de la question afghane. Il n’est pas à exclure qu’une partie du mécontentement de Washington ne provienne de cette proximité maintes fois démontrée, comme lors de la tenue à Pékin d’un sommet tripartite entre le Pakistan, l’Afghanistan et la Chine. Le risque serait que le Pakistan ne s’éloigne trop des États-Unis, et donc que le règlement du conflit afghan n’échappe des mains de Washington.

Le Pakistan à l’heure chinoise
US Suspends Security Assistance To Pakistan
Pakistan Has All The Leverage Over Trump

 

🇱🇰 🇲🇻 SRI LANKA ET MALDIVES : NOUVEAUX ALLIÉS DE PÉKIN DANS LA COUR INDIENNE  🇲🇻 🇱🇰

Le 22 janvier dernier, l’ancien président des Maldives Mohammed Nasheed, actuellement en exil, a déclaré que la présence économique chinoise consistait à « voler les terres » de l’archipel de trois cent quarante mille habitants. « C’est du colonialisme et nous devons ne pas l’accepter » aurait notamment déclaré le leader de l’opposition. Tout en détenant 70% de la dette des Maldives, la Chine accorde une grande importance aux Maldives, par lesquelles transite la route maritime mondiale Europe – Moyen Orient – Asie, et qui pourrait devenir la future clé de voute des déclinaisons du projet « One Belt One Road » dans l’Océan Indien. En effet, le 8 décembre dernier, un accord de libre-échange a été signé entre les deux pays lors de la visite d’État de quatre jours du président de l’archipel Abdulla Yameen à Pékin, devenant ainsi le deuxième pays à signer un accord de cette nature, après le Pakistan. Cet accord est une des manifestations de l’intensification de la relation bilatérale entre les deux pays, depuis la visite d’État de Xi Jinping dans l’archipel en septembre 2014. De nombreux projets d’infrastructures ont depuis éclos et le nombre de touristes chinois a récemment doublé le nombre de touristes occidentaux.

La donne est similaire au Sri Lanka voisin. Le mois dernier, Pékin a obtenu de Colombo un bail de quatre-vingt-dix-neuf ans pour le port stratégique d’Hambantota, en échange d’une réduction de la dette souveraine de l’île, également détenue en majorité par Pékin. Dans le cadre du projet « One Belt One Road », la Chine a octroyé nombre de prêts à des pays associés au projet, et ce dans des conditions avantageuses. Bien au courant de la non-solvabilité de ces pays qui, à l’instar du Sri Lanka et des Maldives, ne peuvent rembourser leurs dettes, Pékin obtient des concessions importantes en échange de l’annulation partielle de cette dette, avec en supplément des accords commerciaux permettant l’exportation de produits chinois dans ces pays. Cette stratégie prédatrice efficace, dont certains commentateurs relèvent la similarité avec celle de la Grande Bretagne pendant les Guerres de l’Opium au XIXème siècle, suscite les inquiétudes de l’Inde. Pour certains commentateurs, le Sri Lanka et les Maldives joueraient sur cette inquiétude indienne pour bénéficier d’investissements indiens supplémentaires étant donné le souci constant de l’Inde à éviter, ou du moins limiter, l’expansion chinoise dans l’Océan Indien, qui a atteint déjà un point avancé avec l’ouverture d’une base militaire à Djibouti et les liens toujours plus étroits avec le Pakistan.

Sri Lanka : The Latest Victim Of China’s Debt-Trap Diplomacy
Exiled Maldives Leader Says China Deals On Islands Are « Land Grabs »
A Chinese Flag Flies Over Sri Lanka As China Extends Its Reach Into India’s Backyard
China’s Clout Growth In South Asia, But Can India Raise The Game ?
Will Sri Lanka Be Able To Balance Between China And India ?

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