3 janvier 1902 : Le retour de Cixi, impératrice douairière

Le 3 janvier 1902, l’impératrice douairière Cixi rentrait à Pékin après deux ans de révolte et de négociation avec les puissances occidentales. Cet anniversaire est l’occasion pour AMA de revenir à la fois sur le portrait de cette femme qui a marqué le XIXème siècle chinois et sur cet événement qui a fini par renverser le pouvoir impérial au tournant du XXème siècle.

Peu de femmes ont réussi à s’accaparer le pouvoir comme a pu le faire Cixi, impératrice douairière pendant 47 ans de 1861 à 1908, plus que n’importe quel autre empereur mandchou du XIXème siècle. Cixi n’est pourtant qu’une concubine de sixième rang quand elle arrive à la cour impériale en 1851. C’est en donnant naissance à un fils qui devient l’héritier de l’empereur Xianfeng qu’elle réussit à grimper dans la hiérarchie des concubines et devient la femme la plus importante de l’Empire, après l’impératrice Ci’an. À la mort de l’empereur en 1861, son fils, Tongzhi, monte sur le trône ce qui permet à Cixi d’obtenir le titre d’impératrice douairière et de gouverner au nom de son fils mineur conjointement avec Ci’an. Cette dernière ne joue qu’un rôle de second rang jusqu’à sa mort en 1881.

001-The_Imperial_Portrait_of_the_Chinese_Empress_Dowager
Portrait officiel de Cixi, impératrice douairière

Le véritable coup de maître de Cixi est d’avoir réussi à conserver son pouvoir après la mort de Tongzhi en 1875 en imposant habilement son neveu âgé de seulement quatre ans, Zaitian, le futur empereur Guangxu comme héritier au trône. Cixi a eu beaucoup d’influence sur ces deux empereurs et il semble que ce soit elle qui a dirigé réellement la Chine pendant ces deux règnes. Lorsque Guangxu tente d’imposer des réformes en suivant les exemples japonais et occidentaux à la fin des années 1890, Cixi n’hésite pas à le déclarer simple d’esprit et incapable de gouverner pour maintenir son pouvoir. Elle fait ainsi exécuter six conseillers réformateurs et enfermer l’empereur, ce qui lui permet d’assurer la régence jusqu’à sa mort en 1908.

Ces différents coups de force politiques et les récits émanant de la cour impériale ont fait d’elle une véritable femme de pouvoir régnant sur l’Empire chinois pendant près d’un demi-siècle dans le mystère de la Cité Interdite. Des fables savantes et populaires ont développé une image fanstamée de Cixi.

La révolte des Boxers de 1900-1901 marque un tournant dans la politique de l’impératrice douairière et un changement de sa position vis-à-vis des Occidentaux. Ce mouvement prenant ses racines dans la société secrète des « Poings de la justice et de l’harmonie » (Yihequan) prétendait être possédé par des esprits et invulnérable aux balles. Initialement opposé aux réformes, aux chrétiens, aux étrangers et à la dynastie des Qing, il fut utilisé par Cixi contre les étrangers afin d’assurer le pouvoir impérial. Ainsi en janvier 1900, l’impératrice douairière reconnait par décret les sociétés secrètes et en mai des groupes de Boxeurs sont organisés en milice par le pouvoir impérial. Rapidement le mouvement se développe en recrutant des hommes et des femmes dans les couches les plus basses de la population chinoise et finit par assiéger Pékin et Tianjin, villes où siègent les délégations occidentales, en juin. Cixi appuie le mouvement en déclarant officiellement la guerre aux puissances étrangères le 21 juin. La réponse occidentale avec l’envoi d’un corps expéditionnaire met fin au siège de Pékin et pousse l’impératrice à fuir à Xi’anfu en août.

Son retour à Pékin en janvier 1902 se fait suite à la signature d’un traité humiliant pour l’Empire chinois qui prévoyait notamment le paiement de réparations pendant quarante ans et l’occupation militaire de plusieurs régions. À partir de cette date, elle se rapproche des puissances étrangères et s’intéresse de près à l’image qu’elle renvoie au monde. Elle invite ainsi des peintres européens et américains à peindre son portrait et envoie ses photos aux dirigeants étrangers.

cx207_Blair_Cixi8270_Co8312
Photographie colorisée envoyée par Cixi à Theodore Roosevelt en 1904

 

Elle meurt le 15 novembre 1908, un jour après la mort de l’empereur Guangxu et après avoir nommé Puyi, fils du frère cadet de Guangxu, héritier du trône. Si la suite de l’histoire vous intéresse nous vous conseillons le film de Bernardo Bertolucci, Le Dernier empereur sur la vie de Puyi.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :