[SORTIE CULTURELLE] Le documentaire « Bacchan: Granny’s table »

Le 27 octobre dernier, le pôle culture de l’association organisait une sortie à la maison de la culture du Japon à Paris pour assister à la projection du documentaire « Bacchan: Granny’s table », réalisé par NHK. 

Chikako Nakamoto, affectionately called « Bacchan » or « Granny », is known as the city’s Mother Theresa. For years, she’s been welcoming juvenile delinquents with home cooked meals. She believes that hunger is a trigger for acts of assault, purse snatching, shoplifting, and prostitution. A warm meal is the first step toward rehabilitation. Some of the youth Granny welcomes into her home include a boy whose family is too poor to feed him and a girl who’s been abused by her parents. Under Granny’s care, these young people seek and find ways to overcome despair. This documentary, filmed over a span of 8 years, shows how Granny’s table has changed the lives of these juveniles.

Nous avons recueilli les témoignages des participants :

Gabriela « Bacchan fait tant d’efforts alors qu’elle est vieille pour subvenir aux besoins de ces enfants. Je trouve qu’elle se mêle quand même beaucoup des problèmes des autres. Elle porte trop de poids pour son âge. Je note aussi une réelle obsession pour la bouffe chez elle. C’est comme si l’amour passait par la bouffe, se trouvait dans la bouffe. C’est comme si on donnait de l’amour uniquement en nourrissant les autres. Lorsqu’elle retrouve Makoto après deux ans de silence radio, puisqu’il part en centre éducatif fermé, sa première question c’est « est-ce que tu as mangé ? » il n’y aucun contact physique ni rien.»

Fabien « Pour moi c’était plus un reportage télé qu’un documentaire. Le format était plutôt court, un peu moins soigné qu’un documentaire. C’était assez réaliste et pas artistique. Un documentaire est pour moi beaucoup plus construit au niveau de la réalisation esthétique, le scénario est aussi plus travaillé. Les didascalies étaient très crues. J’ai trouvé qu’il y avait quand même un fil conducteur théorique à savoir que donner à manger aux enfants étaient LA résolution ultime du problème de la délinquance. Bacchan s’est imposé comme un substitut de la famille pour ces enfants. »

Camilla « La temporalité du documentaire est très impressionnante, puisque le tournage a duré près de 8 ans. On a pu observer l’évolution des garçons dont Bacchan s’est occupée. On s’est même attaché à ce personnage vraiment intéressant qu’est Bacchan. Finalement même si les enfants sont en dérive, il faut aussi savoir que la vraie problématique c’est qu’ils sont élevés sans parents. Bacchan fait figure de grand-mère pour eux. Il y a un composant très paternaliste dans ce film. J’aimerais comprendre pourquoi elle a fait ce choix de consacrer sa vie à ces enfants, quand elle en parle je cite « je n’ai pas de plaisir, je le fais quand même, je ne sais pas pourquoi » ça ressemble beaucoup à une sorte d’impératif catégorique, éthique. On se rend compte aussi à quel point les repas peuvent unir les gens, ça me rappelle énormément mon pays l’Italie même si le film a été tourné dans le sud d’Hiroshima ! (rire). Les repas permettent aux gens de discuter, de socialiser quelque part. J’ai noté aussi que Bacchan était vraiment obsédée par la nourriture ! Pour elle c’est ce qui compte, elle passe son temps à leur demander s’ils veulent ou s’ils ont déjà mangé (rire). »

Michaël «Comme Fabien je pense que c’était plus un reportage qu’un documentaire. Le sujet était très intéressant mais la réalisation était maladroite. J’ai la phobie des bruits de mastication pour ma part (rire) et donc c’était très laborieux au début quand on les entendait manger. Ce film m’a donné envie de devenir délinquant au Japon juste pour profiter de Bacchan !! (rire). Plus sérieusement je pense que si ça fait plus de 40 ans qu’elle fait ce métier, qu’elle s’occupe de jeunes en difficulté, il aurait été intéressant de voir les premiers gamins qui sont venus la voir. »

Nour « En points négatifs, je dirais que le film était mal cadré après j’imagine que c’était peut être dû au fait que l’endroit était petit. C’était aussi beaucoup trop court, on reste sur notre faim. Je pense aussi que les gros plans sur la bouffe dans les bouches des enfants auraient pu être évités. Ensuite, le réalisateur a filmé Bacchan et ces jeunes 8 ans franchement il y aurait eu moyen de développer. On aurait pu montrer plus de témoignages, le documentaire était trop centré sur Makoto. En points positifs, j’ai trouvé intéressant de montrer un visage inconnu du Japon, celui de la pauvreté et de la délinquance. Bacchan fait vraiment du super boulot ! C’est très rare une personne comme elle. J’ai été heureuse de voir que Makoto prenait finalement le bon chemin grâce à elle. Par contre je n’ai pas compris pourquoi il est entré dans le centre éducatif fermé, je n’ai même pas compris ce que c’était au début, ils auraient pu donner plus d’explications à ce niveau. »

Aline « C’est vraiment bien que Bacchan s’occupe de délinquants, il y a un tel dévouement en elle, aucun rejet de l’autre, c’est vraiment rare les gens comme Bacchan. Elle est super généreuse, elle donne vraiment d’elle même. J’aurais voulu plus d’interviews d’enfants, il n’y en a eu que deux au final. »

Patrick « C’était un très bon documentaire, ça a ravivé ma foi en l’humanité ! (rire) Le sujet était beau, bien choisi. Pour ce qui concerne la réalisation, j’ai trouvé qu’il n’y avait aucune diversité au niveau des profils, il n’y a eu que deux interviews d’enfants et on a pu vraiment suivre seulement Makoto. Les histoires n’ont pas été très approfondies, un vrai documentaire aurait été plus global et moins fragmenté. Elle est venue en aide à plus de 300 enfants, on reste vraiment sur notre faim avec ce reportage. Ce qui aurait pu être intéressant selon moi, c’est une série de 8 documentaires de 1h pour chaque année. »

Inès « C’était vachement intéressant, j’ai été très émue. On retrouve beaucoup la mentalité japonaise à travers elle, les grands mères japonaises sont souvent très gentilles ou très méchantes en général ! (rire). Ce que j’aurais aimé savoir moi c’est si elle agit comme ça par intérêt ou par pure gentillesse, est-ce que c’est culturel au Japon ou est-ce que c’est vraiment un geste d’humanité complètement personnel ? Après il me semble que Bacchan n’est pas un cas unique au Japon, il y a beaucoup de grand-mère qui ont fait ce même choix. »

Bilan : Les participants ont globalement tous apprécié Bacchan en tant que personne, son dévouement, sa générosité, son attention, son écoute, sa bonne volonté, cette énergie incroyable puisqu’elle a quand même 77 ans. Ce qu’ils ont quasiment tous déploré c’est la qualité de la réalisation, la qualité du son, le soin apporté aux images (les bruits de mastication, le cadrage etc) le scénario était aussi très limité (on a réellement suivi un seul enfant alors qu’il y en avait 300!), enfin le documentaire était un peu court et n’a pas su répondre à l’ensemble des questions qui auraient pu être traitées (pourquoi une telle générosité notamment ?).

Roxanne Poitou

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Roxane Poitou

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